Grève des Taxis à Paris

Greve Taxi ParisJ’apprends que les taxis à Paris vont faire la grève demain, le 30 janvier (l’article de l’Express ou bien chez RMC). J’évite cette grève heureusement car je suis en voyage à l’extérieur du pays, mais je suis tout de même ahuri. Pour avoir parlé de mon opinion sur les taxis à Paris dans des billets précédents (bande de voyous, strikes in Paris II, Taxi Economics in Paris), c’est un sujet qui s’apprête bien au blogging! Il s’agit en l’occurrence d’une action organisée par le FNAT, Federation Nationale des Artisans du Taxi (représentant 50% des chauffeurs des taxis) contre les propositions de M. Jacques Attali. Le texte du rapport de M. Attali cite les systèmes de taxis à Londres et New York, dont je reprend la phrase suivante qui me paraissait très parlante:

« À Londres et à New York, les systèmes de plaques de taxis n’ont pas été libéralisés et ces villes comptent environ autant de taxis que Paris, mais des voitures dites « de petite remise » (VPR) permettent de répondre à la demande : elles sont 50 000 à Londres, 42 000 à New York, contre à peine 100 à Paris.« 

Quand il y a eu la grève des transports en commun en fin de l’année dernière, on disait (dans un article dans la Libération): « Chercher un taxi, c’est pire que les Vélibs« . Maintenant, dirait-on que de chercher un vélib est pire que prendre les transports en commun? Un beau cercle, non?

En tout cas, une autre grève s’annonce, mais cette fois-ci juste sur la base d’une proposition d’un conseiller. Ce n’est pas encore une proposition de loi.

Sinon, je trouve le mot « artisans » dans la FNAT bien approprié. Apparement, la profession souhaiterait rester dans l’amateur.

—————————–

Mis à jour le 7 février
:

La 2è grève (en une semaine) des chauffeurs s’est écoulée ce mercredi (le 6 fév) et elle a provoqué, il parait, 120 kilomètres de bouchons à Paris. A l’issu des négociations, les syndicats représentant les taxis ont clamé la victoire. A la radio (Europe 1), j’ai entendu des débats sur le bien fondé du rapport d’Attali et, puis, aussi un débat sur la façon de Sarkozy de gérer le pays et son gouvernement. Il semblerait que certains ont trouvé dans ce conflit des chauffeurs de taxis des épi-phénomènes sur la crise de la France; à savoir, le style descendant, sans écoute du Président. En l’occurrence, c’est vrai que ce n’était qu’une étude par un homme intelligent. Dans ce contexte, qu’on fasse une grève préventive me parait toujours difficile à accepter. Qu’ils estiment la façon de Sarkozy de manager ce dossier péremptoire, je trouve mal fondé. Il a fait juste une étude. D’autres auraient décidé des actions sans le moindre fondement.

Cependant, si on voudrait continuer à être élu, visiblement, il reste à prescrire une façon acceptable pour la population de gérer et amener du changement à la France. Certainement, en attendant les élections aux Etats-Unis, le gagnant des élections aura pas moins besoin d’amener du changement. La grande question c’est comment manager les attentes face aux promesses électorales. L’électorat est de plus en plus susceptible et court-termiste. Comme le problème inhérent aux actionaires et à la bourse, arriva-t-on à construire un système viable à long terme?

7 réflexions sur « Grève des Taxis à Paris »

  1. Damned : c’est la première fois que je lis un de tes billets et que je ne suis pas ok avec ton analyse.

    Sur le fond, comme toi je suis contre ces grèves organisées qui paralysent les usagers, les entreprises, la capitale. Ils m’énervent !!!

    Mais je trouve que les chauffeurs de taxi sont victime d’une sorte de monopole qui a été confié à des industriels par des hommes politiques. C’est parfois proche de l’esclavagisme.
    Les chauffeurs paient extrêmement cher leur plaque, c’est une honte et une manne financière qui profite à quelques uns.
    Le fait de créer une rupture du jour au lendemain pénalise ceux qui ont investi en se privant

    Et enfin artisan ne veut pas dire amateur, mais professionnel plutôt manuel, et souvent dans le service ou le batiment. (les coiffeurs sont des artisans)

    Allez, à bientôt.

  2. Ça permet d’avoir du débat, mon cher Eric! Je comprends ton point de vue, et partagerais l’avis si on considérait uniquement le point de vue de l’individu-entrepreneur qu’est un chauffeur de taxi. Pour aller dans ton sens, j’adore l’artisan et l’artisanat — mais pour ma part, c’est plus une appréciation du travail de la main, surtout appliqué à la création. Simplement, je trouve ni créatif, ni artistique le métier d’un chauffeur de taxi. Je recherche du professionnalisme dans le service — au-delà de la bonne conduite « manuelle » — en tant que client de taxi. Il y a plein de chauffeurs qui sont formidables et il y a forcément des bons chauffeurs de taxi qui se sont fait coincés par ces circonstances que tu cites. Mais, il y a des entreprises qui ont peut-être aussi profité des circonstances… Et c’est aussi vrai que le prix de la plaque a augmenté en fonction d’une loi du marché où le supply (source) était limité artificiellement. Donc, certains ont profité de la vente d’une plaque achetée à faible prix … et vendu aux prix exagérément élevés. Cet esclavagisme est issu d’un choix de se mettre dans ce métier… et comme tout pari, il y a le risque. Le marché, maintenu par une politique artificielle, a permis de préserver une clique trop restreinte par rapport à la demande, aux dépens du service au public.

    Je ne connais pas toutes les modalités proposées par Attali, ni le point de vue du gouvernement. Mais, je sais que le débat a besoin d’avoir lieu. Quelles solutions à apporter si ce n’est pas la dérégulation?

  3. Je me permets de réagir en rappelant d’abord l’origine du mot « grève » :
    http://jesavaispas.free.fr/index.php/2007/11/13/171-origine-du-mot-greve

    Pour avoir vécu à l’instant cette « grève » des taxis, je dois dire que je suis révolté. Encore une fois, on est face aux réactions habituelles de la ‘basse France’ : proposition = non négociation => je ne fais pas que me mettre en grève, je fais dois aussi faire ch*#r mon monde en même temps…
    Vous l’aurez compris je n’ai pas apprécié que l’on permette aux taxis de bloquer les rues, le tout sous la protection des CRS. Comment a bien pu naître cette logique selon laquelle le fait d’e*%erder les gens aiderait à les rallier à une cause.
    De fait, une grève veut dire que l’on ne travaille pas, et non pas que l’on empiète sur la vie privée des gens. Encore heureux, étant en scooter j’ai pu monter sur les trottoirs et faire tout le tour de la place république pour continuer ma route, mais j’imagine ceux qui sont partis du boulot en même temps que moi, et qui y sont encore…

    Bref, mon point de vue est que ce ne sont pas des grèves mais bel et bien des actes de terrorisme qui nuisent à leur image. In fine, cette attitude participe à mon avis, à ce que ce scénario se reproduise inévitablement dès qu’un ‘organisme’ entend parler de réformes…

    Finissons sur ce les mots de Richard Bronson qui interrogé sur un plateau télé, lors d’une tournée promotionnelle à Paris :
    TV : Avez-vous été gêné durant votre visite par les grèves ?
    RB : Vous savez, il faut être compréhensif. Historiquement la France a été fortement touchée par Mai 68. Les gens sont descendus dans la rue et se sont fait entendre, or depuis, lorsque les français descendent dans le rue ils se font entendre… Au Royaume-Uni, ceci n’a pas lieu car ça ne servirait à rien !

    3d

  4. Tiens je viens d’entendre sur LCI le salaire moyen des chauffeurs de taxi parisiens : 1650€
    Quand tu sais qu’ils travaillent 6 jours sur 7 pour ce montant 😉

    Je note que tu insistes sur l’aspect artistique de l’artisanat. C’était vrai à l’origine en fait mais depuis on a élargit le champ des artisans.
    Alors quand l’artisan devient partisan et qu’il défile en dehors des podiums c’est sur que c’est moins drôle.

    J’étais en Chine en décembre, j’y ai évidemment là aussi pris beaucoup le taxi, c’est fou ce qu’ils se ressemblent les chauffeurs 😉

  5. Le mot artisan est tres mal utilise, l’artisan sait faire son travail manuel, en est digne. Le chauffeur de taxi parisien est le plus souvent de mauvaise humeur, agressif, desagreable avec ses clients…

    Quant au plaque, certes, il faut trouver un moyen pour les dedommager, mais il faut surtout trouver les moyens pour liberaliser cette profession et avoir un vrai service disponible et efficace de taxi digne d’une grande ville.

  6. Je suis d’accord que je me suis trompé an disant que le mot « artisan » amenait vers amateurisme. Mea culpa. Il n’en reste pas moins que le mot artisan n’a pas l’air d’etre bien adapte au metier du taxi. Peut on considerer le taxi veritablement « un art mécanique » comme decrit le dictionnaire de L’Académie Française (artisan = « Ouvrier dans un art mécanique. Homme de métier »)? Donc, je devrais me corriger et dire que le mot artisan n’est pas adapté au metier du taxi. Je proposerai d’y substituer « profession. » Ca me satisferait! Merci pour vos commentaires.

  7. Ping : La Grève: La vraie solution pour faire accepter le télétravail en France? | Baladodiffusion.org

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *