L’Art & La Science – Hubert Reeves en parle

Voici un joli texte sur l’art et la science rédigé par Hubert Reeves et qui apparaît sur son site (www.HubertReeves.info).  Ca me fait penser à l’importance de rejoindre, dans le cadre du travail, le rationnel avec la créativité — parfois on dit les éléments du cerveau gauche avec la droite (alors que cette segmentation n’est pas tout à fait juste).  Comme Reeves dit, l’art et la science — tout comme le rationnel et le sentiment — ont en effet besoin l’un de l’autre.  Il faut accepter et laisser fleurir les deux cotés.

« Ni l’art ni la science sont des barrières à la violence.

L’art offre une vision de la réalité. La science en offre une explication provisoire. Alors que la science requiert un raisonnement, une rationalité, l’art s’adresse à l’un ou l’autre de nos sens. Et engendre un état d’âme. Quand un air de musique, un tableau nous transportent, nous voilà faisant corps avec l’œuvre. L’artiste nous transmet une vision du monde à laquelle on adhère spontanément, sans chercher à comprendre. L’artiste n’explique pas son œuvre : il l’enfante. Le résultat nous chavire ou nous laisse indifférent : c’est une question de sensibilité personnelle. Il y a comme une frontière étanche entre l’art et la science, mais je ne parlerai ni d’opposition, ni de conflit. Ce sont deux manières d’appréhender le réel, et se priver de l’une ou l’autre m’apparaît comme une infirmité. La sphère des sentiments et celle de la raison sont complémentaires. Et toutes deux me sont indispensables. Ni la science ni l’art ne nous disent si telle ou telle décision est bonne ou mauvaise. De grand savants œuvrèrent au perfectionnement des armes. Et de grands tortionnaires étaient des mélomanes ou des amateurs d’art éclairés.

La musique n’adoucit pas forcément les mœurs. Dommage … Hubert Reeves »

Alors que la musique réveille les esprits, ceux-ci ne sont pas toujours de la bonne foi! Comme Hubert Reeves dit, c’est bien dommage.

Le Chiffre Huit (8) – Un nombre préféré…

Mon chiffre préféré a toujours été le chiffre sept (7).

Mais, j’ai eu une sorte d’épiphanie aujourd’hui. Mon chiffre préféré pourrait devenir le huit (8), en tout cas en français. Pourquoi? Plusieurs raisons. Le chiffre huit, c’est l’infini en vertical. Le chiffre huit est deux fois le carré, quatre — le côté rationnel du 4 gagne en rondeur. Le 8 est un chiffre particulièrement agréable à écrire, rarement parfaitement.

Mais la raison principale, en français en tout cas, c’est parce que, dans le chiffre 8, c’est le son du oui qui prime. Oui-t, je peux. Oui-t, je veux.

Et puis, pour les bilingues, vous connaissez l’expression, « The World is my Oyster » ou, en français, « Le Monde est mon Huit-re. » (L’expression veut dire qu’il existe des belles opportunités sur terre).

Pour des explications plus approfondies, je vous livre les commentaires du Professeur Ian Stewart (traduit par moi en français).

« Le numéro 8 est généralement considéré comme un bon chiffre par les numérologistes. Le carré d’un nombre impair, moins un, est toujours un multiple de 8 (par exemple, 9 – 1 = 8, 25 – 1 = 8 x 3, 49 – 1 = 8 x 6), un fait qui peut être prouvé mathématiquement. Dans le mythe de Babylone, il y avait sept sphères plus d’un huitième royaume, les étoiles fixes, où les dieux vivaient. En conséquence, le 8 est souvent associé au paradis. Les musulmans croient qu’il y a sept enfers, mais qu’il y a huit paradis, ce qui signifie la miséricorde de Dieu. Dans le bouddhisme, 8 est un chiffre porte-bonheur, peut-être grâce aux huit pétales du lotus, une plante associée avec de la chance en Inde et un symbole bouddhiste favori.

« En Chine, tout comme le chiffre 7 détermine la vie d’une femme, le 8 détermine celle d’un homme. Un jeune garçon fait ses dents de lait, à huit mois, les perd à huit ans, atteint l’âge de la puberté à 2 x 8 = 16, et perd de sa virilité sexuelle à 8 x 8 = 64. Le I Ching, qui décrit un système de divination en utilisant les tiges de l’achillée, implique 64 = 8 x 8 configurations. » En anglais, je reste entièrement partial au 7. Mais bon, aujourd’hui j’ai eu du plaisir à écrire sur l’huit.

Une philosophie pour tous les temps

Soyons en phase avec le temps…

J’avais envie d’écrire un billet de ma philosophie sur le temps car j’ai une relation étroite avec lui. Puisqu’en français le mot « temps » désigne la notion des heures et des jours, mais aussi englobent le temps des orages et nuages, c’est un billet forcément en français.

ClockJe crois profondément que mon temps est limité à 24 heures par jour. C’est vrai au début de chaque jour pour moi — mais comme j’explique en bas, je suis peut-être plus le rythme de mon horloge interne. Ainsi, avec cette responsabilisation, je tente avec chaque jour d’accomplir ce que j’avais prévu de faire pour finir chaque semaine en évitant de dire « je n’ai pas eu le temps » de faire telle ou telle chose. Bien sûr, il y a des jours où les heures s’échappent ou des imprévus corrompent le planning initial. Mais, en évoquant un de mes livres fétiches sur le sujet, L’Art du Temps (ou bien Le Nouvel Art du Temps) par Jean-Louis Seran-Schreiber, il s’agit de ne pas subir la contrainte des 24 heures, mais de les assumer pleinement. J’ai tendance à me juger à la fin de la semaine plutôt que tous les jours, car sinon, ça donnerait quel type de vie au quotidien? Et dans la liste de choses à faire, il faut toujours y mettre « à ne rien faire » (comme les italiens disent, il dolce far niente) de temps en temps.

Et puis du temps de la cloche, je passe au temps du ciel qui cloche. Peut-être parce que j’étais élevé en Angleterre, j’ai appris à ne pas laisser mon humeur s’emporter par le temps (ni par le vent). Le temps–qu’il soit prévisible ou totalement loupé par la météo–a certainement une influence sur le choix de nos habilles ; a un impact sur les activités extérieures ; et produit des effets et des images spectaculaires qui peuvent et doivent étonner. Cependant, au quotidien, il n’est pas question de subir le temps. S’il pleut, ça ne change strictement rien de se plaindre. Alors, vivons avec. Et quand il y a du soleil, profitez-en.

Il est vrai que les personnes vivant dans les pays du monde qui n’ont pas les quatre saisons ont une toute autre relation avec le temps (météo et heure) que nous en Europe. Est-ce lié? Possible, car nous savons que notre journée (et par conséquence notre horloge interne) est réglé par la lumière. Cependant, d’où qu’on vienne, notre horloge interne est basé en moyenne sur une journée de 24.2 heures au lieu de 24 heures pile (voir papier de Douglas Recherche ou Gazette Labo entre autres) ; ce qui veut dire, si nous n’avions ni montre ni d’accès au soleil (les synchroniseurs de notre temps), nous aurions un retard d’une heure tous les 5 jours.

Pour ce qui est de ma relation étroite avec le temps, et comme ma belle-mère m’a décrit une fois, je suis une bouteille de 750ml remplie d’un litre. Autrement dit, j’habite deux heures de plus dans chaque journée — toujours à la recherche de ces 0.2 heures par jour. C’est bien pour ça que je me lève avec les premières lumières (ou même avant en hiver) pour profiter dans la tranquillité de ma journée.

Alors, on voit bien que le temps et le temps (du moins la lumière) sont liés. Donc, dans les deux cas, je cherche à apprivoiser ma relation avec le temps. Le temps est ce qu’il est. Le choix que nous avons, c’est comment agir et être avec. Que le temps fasse moche ou cloche, le temps court. Donc, ne temporisez pas. Profitez-en pleinement.

Alors, c’est une philosophie de vie que je voulais vous livrer aujourd’hui: ne subissons pas le temps, mais soyons en phase avec.

Quelques pensées sur L’Elégance du Hérisson

Hérisson ElegantQuelques pensées sur L'Elégance du HérissonL’Elégance du Hérisson – Un billet écrit par Yendi

Muriel Barbery aux éditions Gallimard a écrit un roman à succès « L’élégance du hérisson. » Je l’ai lu grâce à ma kiné, une jeune femme Charlotte qui a avoué n’être pas entrée dans les pensées profondes du livre.
Moi si. Voici deux de mes pensées profondes à partir de celles de l’auteur.

Pensée profonde numéro 3
« Les forts chez les humains ne font rien. Ils parlent. Parlent encore ».

Comme c’est vrai. Les hommes vivent dans un monde où ce sont souvent les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime est la maîtrise du langage. La verbalité est un signe d’intelligence, le plus évident et parfois le plus apprécié. Je le vois à l’école jeune, très tôt, l’éloquence est une supériorité, parfois décisive dans le cours des études et des portes ouvertes.

Pensée profonde numéro 8
« Il faut vivre avec la certitude que nous vieillirons et que ce ne sera pas beau, pas gai et se dire que c’est maintenant qui importe, construire maintenant quelque chose à tout prix, de toutes ses forces. Gravir pas à pas son Everest à soi et le faire de sorte que chaque pas soit un peu d’éternité. Le futur ça sert à ça: construire le présent avec des vrais projets de vivants. »

Comme c’est vrai, comme c’est fort et beau. Malgré tout, c’est toujours trop peu et un peu trop tard. On s’est connu trop tard, toute une vie trop tard, ami de nulle part, passager de la pluie. (Paroles: Sébastien Japrisot. Musique: Francis Lai 1968 Interprète Nicole Croisille). Et tellement vrai pour notre concierge.

Pluie d’été. Le livre a d’ailleurs un corps de chapitres intitulé « Pluie d’été. » Et ce n’est pas pour rien.

Dans l’imaginaire humain, dans son « subconscient », l’arrivée du grand Amour (ou plutôt du grand désir, celui qui prend le corps entier, et donc le sexe) commence toujours par une pluie d’été, grand pouvoir symbolique d’un début de Vie, comme si l’inconscient humain collectif ancrait le début de la vie à l’eau et la chaleur, la pluie d’été. Pour notre concierge, cette pluie d’été finit sa brève passion amoureuse, l’apogée est déjà la fin.

Ce livre je l’ai lu grâce à Charlotte et je publie le blog pour Isabelle une autre jeune femme que j’ai rencontrée lors de notre voyage en Haute Egypte. Oui la vie est injuste. Notre concierge a à peine eu une porte entrouverte de quelques millimètres de bonheur. N’oublie pas, elle n’a que l’élégance du hérisson, ça ne pouvait pas finir autrement, notre concierge est socialement et esthétiquement condamnée et hérissée.

La vie est injuste pour beaucoup. Pour tous, la vie est faite de rencontres, d’émotions (comme celles de la haute Egypte face à 5000 ans de nous) mais aussi pour certains d’élégance – aujourd’hui c’est celle du hérisson.

Au tour du changement

Pendant beaucoup de temps, j’avais attaché à la fin de mes emails la petite quotation d’un bon copain: « Le changement est garanti. De s’en nourrir reste l’option. » Dans les Enjeux de ce mois, j’ai trouvé dans la section « Mots Croisés », des quotations autour du changement dont je vous en fais part de quelques unes. Ma favorie, la dernière, est en gras.

  • « Lorsqu’on veut changer les moeurs et les manières, il ne faut pas les changer par les lois.  » –Montesquieu
  • « C’est une question de propreté: il faut changer d’avis, comme de chemise. » –Jules Renard
  • « On ne devient pas un autre homme. Mais en nous et autour de nous, tout change. » – Félicien Marceau
  • « Mes seuls changements sont dans les nuances comme celles qui animent la gorge d’un pigeon.
    Au reste, je me suis chanté ainsi
    Les jours s’en vont, je demeure
    Et je ne change point si on ne me fait pas changer. »
    Guillaume Apollinaire, Lettres à Madeleine.
  • « Les hommes qui ont changé l’univers n’y sont jamais parvenus en gagnant des chefs; mais toujours en remuant les masses. » – Napoléon.
  • « Tout ce que je demande aux politiques, c’est qu’ils se contentent de changer le monde, sans commencer par changer la vérité. » -Jean Paulhan, De la paille et du grain.

Et vous? Laquelle vous préférez?

Coming of Age – L’Age a Venir

La chaine Arte a passé une émission très intéressante hier soir concernant le vieillissement de l’Europe (sans oublier la Russie où en plus l’espérance de vie est en train de chuter). L’émission projetait la société en 2030. Voir http://www.arte.tv/ Entre des scènes de rupture sociale entre les « jeunes » et les « retraités » autour des zones littérales en France ou bien l’image de la ville de Berlin remplie de personnes âgées en chaises roulantes, leur position était clair : le problème démographique est réel et le(s) gouvernement(s) ont besoin de réagir pour, entre autre, arrêter les départs en retraite si tôt (dont les conducteurs de train SNCF à 50 ans…). Le nombre de « vieux » qui sont en retraite involontaire (après passage désobligeant dans le placard) et qui veulent continuer à travailler est de plus en plus élevé. N’ayant pas l’option de risquer un startup, ils doivent chercher des « petits boulots » dans les entreprises. Mais comment les insérer dans une entreprise alors que la jeunesse rime avec potentiel. Des agences apparemment existent pour faciliter cette tache (j’ai trouvé ces deux sites et ). Mais le plus dur restera de trouver des entreprises avec l’envie de les embaucher quand il y a tout de même un niveau élevé de chômage parmi les jeunes. Il faudrait déjà dans un premier temps encourager les sociétés à valoriser leurs anciens actuels. Par ailleurs, on pourrait imaginer des conditions de travail bien plus flexibles, bureaux à domicile… En Belgique, où le problème est similaire voire pire (61% de la population de l’âge de travailler travaille , 63% en France , 74-76% pour les pays scandinaves), ils ont déjà fait des efforts dans ce sens. Quelque soit la solution, à la clé sera une stimulation de l’économie afin de permettre l’embauche volontaire des personnes disponibles. Et les actions doivent être prises aussi bien dans le secteur public que le secteur privé.