Et si on arrêtait de parler de l’entreprise comme d’une machine ?
J’ai souvent l’impression qu’on parle de l’entreprise comme d’une machine, alors qu’elle est d’abord une aventure humaine. On parle de stratégie, de marges, de KPIs, de productivité, de croissance. Tout cela compte, bien sûr. Mais à force de tout ramener à la performance, on finit par oublier une question plus simple, et plus importante : pourquoi cette entreprise existe-t-elle vraiment ?
C’est là qu’intervient la raison d’être
C’est là qu’intervient la raison d’être. Et je veux être clair : la raison d’être ne peut pas être un mot joli pour le rapport annuel. Elle ne peut pas être un vernis de communication, ni une formule inspirante posée sur le mur du siège social. Une vraie raison d’être doit dépasser le profit. Pas nier le profit, pas mépriser le profit — simplement le replacer à sa juste place. Le profit est nécessaire. Il n’est pas suffisant.
Le profit comme carburant, pas comme destination
C’est un peu comme confondre le carburant et la destination. Sans carburant, on ne va nulle part. Mais personne ne se met au volant pour faire le plein. On prend la route pour aller quelque part. Une entreprise sérieuse devrait donc être capable de répondre à cette question : au-delà de gagner de l’argent, que cherchons-nous à faire advenir ?
Le piège du tout savoir-faire chez les patrons français
Cette question, je crois, devient encore plus importante à une époque où beaucoup de patrons français continuent de valoriser avant tout le savoir-faire au lieu de leur raison d’être. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat. On aime la compétence. On aime l’efficacité. On aime la maîtrise. Et parfois, on finit par penser que le savoir-faire est la forme la plus noble du savoir-être. Je trouve cela un peu court.
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