Ariane Ollier-Malaterre, professeure, chercheuse passionnée et grande curieuse, était mon invitée pour explorer un thème plus brûlant que jamais : la surveillance numérique en Chine. D’origine française, Ariane a fait le choix de s’installer à Montréal il y a 14 ans, où elle enseigne à l’UQAM, tout en élevant ses trois enfants et en menant une carrière de recherche internationale sur les médias sociaux et leurs impacts sur nos vies personnelles et professionnelles. Son nouveau livre, « Vivre avec la surveillance numérique en Chine » (CNRS Éditions), ne se contente pas d’observer de loin ce phénomène : Ariane a eu le courage d’aller vivre la réalité sur place, d’enquêter en profondeur à travers des dizaines d’entretiens dans plusieurs régions de Chine, et d’analyser comment les citoyens composent au quotidien avec un système de surveillance tentaculaire. Notre échange a levé le voile sur la face humaine de ce sujet souvent déformé par les stéréotypes occidentaux. WeChat, bien plus qu’une « super app », structure la vie en Chine, du paiement au travail jusqu’aux consultations médicales. Mais au-delà des prouesses technologiques, Ariane nous raconte la psychologie des citoyens pris dans un système de surveillance omniprésente : paradoxalement, beaucoup revendiquent la nécessité du contrôle, tout en souffrant d’un renoncement intime à la vie privée. Elle évoque les mécanismes de défense, l’autocensure, et nous pousse à questionner nos propres récits occidentaux sur la protection des données et l’acceptabilité de la surveillance.
Surveillance numérique en Chine : analyse des paradoxes et ressentis sociaux par Ariane Ollier-Malaterre (MDF172)
Répondre
