Quand La Transparence Pourrait Etre La Solution?

Avec sa victoire inédite, Emmanuel Macron voudrait insuffler du nouveau en France. Un de ces premiers actes « différents » était de faire son premier discours au Pyramide du Louvre. Si l’arrivée sur scène sous l’hymne européen ODE A LA JOIE était grandiose, sa promenade solitaire me paraissait un peu long avant d’arriver au podium.

macron transparence

Les enjeux devant lui, comme il l’a souligné maintes fois lors de son discours, sont immenses. Parmi les challenges — comme d’ailleurs dans beaucoup de pays — est un manque de confiance colossal des électeurs dans le gouvernement à gouverner. En France, on constate une élite qui prend systématiquement, presque par ordonnance, le pouvoir. Macron devient le 4è président issu de l’ENA sur 8 au total dans cette Vè République. Avec tous ces hommes provenant des Grandes Ecoles, ils peuplent les grands postes en entreprise comme au gouvernement. On sait que les affaires se font beaucoup dans les coulisses (partout), mais il y a une grande opacité dans la gestion des dossiers politiques. Certes, pas tout doit être dévoilé. Mais, cette opacité n’aide pas quand il s’agit de gagner la confiance des électeurs.

Avec le discours de Macron au Pyramide du Louvre, il m’a semblé qu’il y avait bien de l’espoir. Mais encore : est-ce que Macron peut gagner la confiance de tous ? Le Pyramide entouré par la culture, l’histoire et les traditions du Louvre me paraissait bien symbolique. Mais pourrait-on s’inspirer au Gouvernement de rajouter plus de transparence dans la manière de gouverner ? La corruption nous semble toujours pas loin. Et encore, les résultats, surtout récemment, sont accablants.

Les médias ont un rôle important à jouer. Mais, comme avec tout grand changement, ça doit venir d’en haut. Sinon, on risque de continuer à être tiré vers le bas. A vous, Monsieur Macron, de nous montrer la voie.

 

La Communication de Fracture? Un Regard Sur Les 11 Candidats Aux Elections Présidentielles Françaises

Le premier tour des élections présidentielles françaises a été historique, selon certains, puisque les deux candidats gagnants, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ne viennent pas des deux grandes partis classiques (Socialiste – Républicain). À d’autres égards, cependant, il me semble que cette campagne était semblable à bien d’autres campagnes électorales françaises, dont l’embrouille et le résultat. Et, je me demande si cela ne se terminera pas avec cinq autres années semblables aux cinq dernières. On verra ! Cependant, avec mon oeil marketing, j’ai essayé de comprendre comment les messages marketing auraient aidé ou entravé ces 11 candidats au premier tour.

Élections présidentielles françaises – une question de personnalité

Surtout, il faut convenir que les élections françaises – avec onze candidats présentés au premier tour – représente une bataille de personnalités individuelles, beaucoup plus qu’entre les partis politiques ou même leurs programmes. Dans un environnement strictement contrôlé (par le fameux CSA), où tous les 11 candidats sont supposés avoir exactement la même couverture médiatique, il est inévitable que les électeurs sont confus sur ce qui dit quoi. Alors, je voulais jeter un coup d’oeil au travail de marketing réalisé à travers les affiches (posters) des candidats qui ont été constamment exposés ensemble par lots de 11.

Marketing via UN poster

Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous frappe à propos de ces 11 affiches (mis dans l’ordre 1 à 11 qui a été prescrit par le tirage officiel) ? Il y avait une chose qui m’a vraiment étonné.

poster french presidential election candidates

Oui, j’ai regardé ceux qui ont choisi de regarder à gauche ou à droite ou frontalement et qui était incohérent avec sa ligne politique. J’ai également noté la cravate bleue de rigueur (ou bien aucune cravate). Mais ce qui m’a frappé, en fait, est que seulement 3 candidats ont choisi un vrai sourire. Les 8 autres ont un aspect neutre voire sévère. Pas exactement des grands charismatiques. Bien sûr, la présidence est une position sérieuse, mais c’est comme si la photo de passeport grincheuse requise (une obligation en France) était utilisée pour ces 8 personnes. Sinon, seul Mélenchon a décidé de nous montrer qu’il avait besoin de ses lunettes !

Le spectre de couleur

En termes d’alignement de leur message avec le drapeau tricolore français, il y avait deux gauchistes de bonne foi en rouge (trotskyste, anticapitaliste). Trois ont choisi un fond blanc ordinaire, mais la majorité (six) ont pris le fond bleu « rassurant », y compris Jean-Luc Mélenchon, qui a été soutenu par le Parti Communiste. Le Pen et Dupont-Aignan (Debout La France) ont utilisé un fond bleu dégradé de gauche à droite, allant au sombre / orageux. Mélenchon a choisi un fond gradué nuageux (de bas en haut).

poster french presidential election candidates 2

 

Avec 5 des 11 candidats qui se sont déjà présentés lors des élections de 2012, vous auriez pensé que cela aurait pu améliorer la communication avec l’expérience. Mais, en réalité, la plupart de ces candidats savent dès le début que c’est une cause perdue ; c’est juste une façon de polluer et / ou de diluer les messages des principaux candidats. Les sept premiers candidats (y compris le «Parti Socialiste») ont tiré un total de 15,1% du vote.

Slogans – QUELLE efficacite ?

Suite à l’ordre «prescrit» ci-dessus dans la première image, et en maintenant la ponctuation choisie, je présente les slogans des onze candidats dessous. Il y avait bien entendu des tactiques différentes (ainsi que des messages). A noter que cinq ont décidé de garder le mot France dans leur slogan. Deux des slogans (Le temps est venu et Un choix historique) ne disent absolument rien. Cinq des slogans s’orientent sur l’énergie et/ou la force.

poster french presidential election candidates 3

Les slogans des 11 candidats aux élections présidentielles francaises

Dans l’ensemble, je me suis senti perplexe par les choix de communication et les messages. Comment faire son choix objectivement ? De toute évidence, le centriste Emmanuel Macron (En Marche) a réussi à capturer la route du milieu dans tous les aspects. Son slogan était une formule englobant: La France doit être une chance pour tous. Mais à force d’essayer de plaire à tout le monde, peut on faire quoique ça soit ? Et son mouvement « En Marche, » reflétant son propre DNA par les memes initiales (E.M.), deviendra naturellement un parti politique. Peut-il fédérer toute la France, faire les changements réellement « nouveaux, » sans mettre au dos l’un des deux côtés ?

D’abord, c’est vrai qu’il faudrait qu’il parvient à gagner le 7 mai. S’il ne gagne pas plus de 65% des votes, ça sera une surprise et, surtout, un signal de mauvaise augure pour la suite. Je ne considère pas une victoire par Le Pen comme étant un grand risque car cela demandera un taux d’abstention de bien plus de 40% et un nombre improbable de transfuges des autres partis. Ceci dit, cela ne doit pas freiner les français à faire leur devoir démocratique. Après, rendez vous en 2022 pour voir si Mr Macron a pu véritablement mettre toute la France en marche.

Vos réactions et / ou prédictions ?

Qui Va Gagner Les Elections Presidentielles 2017 en France? Un Regard Social

Alors que être « social » en français a généralement une connotation politique, voire philosophique, il y a un tout autre regard qui est à travers l’empreinte des médias sociaux. A 6 jours des élections, ça chauffe en France. Dans les derniers sondages (via linternaute), il y a bien 4 parmi les onze candidats qui ont une chance de passer au deuxième tour. Pour ces quatre — Le Pen 23%, Macron 22%, Fillon 20% et Mélenchon 17% — les intentions de vote représentent 82% des votes. Tous les autres candidats n’ont qu’un seul chiffre de pourcentage (au mieux).Selon le centre d’étude et la taille de l’échantillon, la marge d’erreur varie considérablement (entre +/-0.8% à +/-3.3%).Ainsi, il y a plein de possibilités. Selon les experts, tout se jouera avec les niveaux des abstentions et comment vont voter les indécis (qui pèsent autour de 20% selon l’étude). En revanche, pour le site de paris, Ladbrokes, basé en GB, il semble peu de doute que la finale sera Emmanuel Macron v Marine Le Pen.

Le vent qui change?

Qu’est-ce qui bougera les lignes d’ici là ? Je vois trois éléments importants à guetter :

  1. Les médias (TV, radio, sociaux…).
  2. Le « Dark Social » — tout ce qui se dit sans être visible. En d’autres termes, c’est la manière que l’électorat se parle et se convainque dans ses conversations au tabac, autour de la table de repas et, surtout, sur les médias sociaux.
  3. Un acte terroriste sur le sol (où proche) de la France.

Avec ces onze candidats, dont 5 qui ont des racines trotskystes*, au premier tour, les élections françaises offrent déjà un spectacle phénoménale pour une démocratie de grand pays. Deuxièmement, le président actuel, Hollande, ne se représente pas, une première en France pour un président à l’issue de son premier mandat. D’ailleurs, ce sera la première fois depuis 1974 qu’aucun candidat n’aura déjà exercé la fonction de président. Enfin, les bruits, rumeurs et scandales circulant autour des candidats continue à faire fureur. Sinon, comme l’a justement souligné Nicolas Colin dans sa chronique dans l’Obs, « Numérique : en finir avec les contretemps, » il est triste à remarquer à quel point, le sujet du numérique ne figure que peu dans les discours des politiciens.

Une lecture sociale – à savoir: les médias sociaux

elections presidentielles francaises 2017 2Alors, qui va gagner ces élections ? Quel serait le rôle des médias sociaux ? Est-ce que les candidats peuvent encore avancer leur cause à travers ces réseaux, pourvoyeurs de « fake news » et qui ont facilité l’intervention d’un état étranger dans les elections présidentielles américaines ? Alors, qui parmi les candidats mène sur le plan « social media » ?

Si on se fit au nombre de « followers » sur les différents réseaux (Twitter, Facebook, Instagram, Youtube, Linked in Google+), voici la liste de cortège:

  1. Marine Le Pen (2.7 millions)
  2. Jean-Luc Mélenchon (2.2)
  3. Emmanuel Macron (910K)
  4. François Fillon (770K)
  5. Benoit Hamon (550K)
  6. ….le reste a entre 12K et 250K)

En utilisant l’outil d’influence Traackr**, en regardant l’indice de résonance — un point clé dans la capacité d’utiliser les réseaux pour influer la population (en tout cas ses fans) — la liste de cortège avec ceux qui enregistrent un score de 100 se lit ainsi:

  1. Jean-Luc Mélenchon (100)
  2. Marine Le Pen (100)
  3. François Fillon (100)
  4. Philippe Poutou (100)
  5. Nathalie Arthaud (100)
  6. le reste ne sont pas parfait

En matière d’activité pure, les candidats avec le flux Twitter le plus actif (# de tweets au 16 avril 2016):

  1. Jean-Luc Mélenchon (21800)
  2. François Fillon (17800)
  3. François Asselineau (13800)
  4. Marine Le Pen (13700)
  5. Nicolas Dupont-Aignan (10700)
  6. Le reste a moins de 10000 chacun

Dans cette liste au-dessus, ce qu’on peut remarquer est que Mélenchon et Fillon se sont lâchés sur Twitter depuis peu alors que quelqu’un leur a créé un compte il y a longtemps (en Octobre 2009 et Avril 2012 respectivement). Typiquement, c’est un comportement de retardataire technologique. en se réveillant si tardivement sur l’intérêt du réseau. Je me demande souvent à quand les PDG des grands groupes vont se rendre compte eux-aussi de l’intérêt pour eux.

Le taux de réciprocité

Parmi les signaux qui permettent de déceler à quel point un candidat (et son équipe bien sûr) sont « social » dans l’âme est de constater combien de fois le compte va répondre à un autre compte, aimer les tweets des autres, ou encore retweeter les tweets d’autres. L’autre indicateur, selon moi, est quand un compte suit un nombre « généreux » d’autres comptes (comparer au nombre qui les suit) et non pas juste les grands journalistes, etc. Il n’est pas question, par ailleurs, de suivre tout ceux qui vous suivent car sinon, son flux devient incompréhensible… Sous cette lecture, voici les compte qui suivent le plus grand nombre de comptes :

  1. Jean-Luc Mélenchon (5140)
  2. Marine Le Pen (4339)
  3. François Fillon (2883)
  4. Benoit Hamon (2067)
  5. Jean Lassalle (1458)
  6. Chacun du reste suit moins de 1000 personnes (ce qui n’est pas, je rajouterais, une sanction en tant que tel)

A la lumière de la présence sociale, il est certain que Mélenchon et Le Pen manient le mieux les réseaux sociaux. Par ailleurs, les quatre premiers dans la dernière liste sont les seuls à avoir un compte sur Snapchat aussi. Mais, est-ce pour autant qu’ils vont y arriver, je le doute ! En revanche, avec six jours qui restent, rien n’est encore gagné ni perdu.

Prédictions?

Je n’ai ni l’autorité ni la conviction pour savoir qui va s’en sortir. En revanche, même avec un niveau d’abstention élévé, avec une victoire présumée au premier tour pour Marine Le Pen, ma prédiction serait (avec l’aide d’un beau tableau excel grâce à mon ami JBT) qu’il faudra plus de 32% de votes au premier tour pour gagner au 2è. Sinon, je suis confiant que le système electoral français a priori nous économisera d’une nouvelle grosse (et mauvaise surprise) au 2è tour.

Dernier point: 5 candidats ont le nom de famille qui rhyme avec « on. » Une seule qui rhyme avec « haine. »

—–

*Dans l’Atlantico : « Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade… 5 candidats à la présidentielle sur 11 plongent leurs racines dans le trotskisme pour leurs discours et leurs programmes. »
**Full disclosure : j’ai une relation privilégiée avec Traackr

BREXIT – Si Le Rosbif Est Cuit ?

brexitAprès le vote surprenant du Royaume-Uni pour BREXIT, nous étions certainement tous dans des discussions « animées » sur le sujet. Parmi mes amis à Paris, la conversation revenait constamment sur les Anglais. Et à l’instar du Journal du Dimanche, les deux premières pages dédiées au sujet BREXIT était entièrement focalisées sur le Royaume-Uni. Les réactions sur le continent tournaient autour de : ils vont souffrir, ils sont fous, ils ne se rendent pas compte, ils sont racistes… Mais, à mon sens, dans ces expressions, ils se trompent de conclusion. Il vaudrait mieux ne pas agir comme un amant refoulé. Une autre amie a dit, « j’ai peur. » Là encore j’ai envie de dire qu’on a besoin de passer de la peur à l’acte. Je me sens personnellement plus Européen que français (citoyen naturalisé). Et je pense que l’Europe doit agir différement à tout points de vue.

Ainsi, j’ai eu besoin d’écrire mon point de vue.

Mon message fort aux pro-Européens : ne vous focalisez pas sur le Royaume-Uni et les conséquences sur eux. Certes, les raisons qui ont motivées ce vote sont désolantes; certes le Royaume-Uni pourra voir la Livre affaiblie et son économie en difficulté… Mais le vrai sujet est :

Que faire de l’Europe ?

brexit chinese-symbol-for-crisisComme dirait le chinois: dans toute crise, il y a danger et opportunité. L’exigence du coté Européen n’est pas d’établir la meilleure rétribution contre les rosbifs. Elle est de trouver sa propre voie et de s’occuper d’elle-même. Angela Merkel l’a justement demandé : « il ne faut pas tirer des conclusions rapides quant à la décision britannique…» L’Europe a besoin de comprendre – de manière profonde — pourquoi ce vote est parvenue. En superficie, il s’agit d’un vote de vieux anglais pour retrouver la souveraineté britannique. Mais, au fond, le problème est que les britanniques n’ont pas trouvé suffisamment de raisons d’appartenir. Vaut ce que Sarkozy vaut, mais il a raison de dire, « Les Britanniques sont partis : c’est leur choix. Il nous faut maintenant agir vite et fort. » (JDD p6).

Les Risques

Les trois plus grands risques que BREXIT posent pour l’Europe sont :

  1. Le nationalisme dans les pays (France, Autriche, Pays Bas…) prend le pouvoir, poussé par la peur de l’immigration et un besoin de retrouver une fierté perdue. Il faudrait notamment guetter les élections présidentielles en France et l’Allemagne l’année prochaine. A ne pas oublier le risque (et le besoin d’une réponse appuyée par l’Europe et les E-U) du nationalisme russe.
  2. L’économie européenne ne décolle pas (ou plus?), laissant un taux de chômage trop important, une population jeune en position périlleuse et un mouvement de population intra-européen stagnant. A noter: les effets déstabilisants d’un système fiscal non-harmonisé et les dépenses d’état peu coordonnées font que l’Euro est totalement bancale.
  3. Que le peuple dans les pays européens se sent de plus en plus prisonnier d’un Europe dans lequel il ne se reconnaît pas ; et, quelque part, n’a pas un bénéfice à la hauteur de sa souffrance. Ainsi, on verra d’autres pays européens sans doute se lancer sur leur propre EXIT. On parle déjà de votes similaires dans plusieurs pays. Ca veut bien dire qu’il y avait un courant fort anti-européen qui régnait avant le vote du Royaume-Uni.

Les risques sont de taille. Mais elles existaient bien avant le BREXIT. En fait, ces sujets ont été discuté pleinement précédemment. Mais, à 28, on n’a pas trouvé de solution. Le problème c’est que personne (à Bruxelles en particulier) ne sentait suffisamment l’urgence. C’est tout comme les Comités Exécutifs qui sont sur-peuplés. Un Comex de 28 27 personnes est tout juste ingérable.

Les Opportunités

Les opportunités pour l’Europe — voire des conséquences inattendues — sont :

  1. Un réel besoin de définir la vision (son NORD) de l’Europe ; chose qui pourrait être rendu plus facile sans la présence et le point de vue toujours pinailleur des anglais. D’abord, il faudrait imaginer un avenir dans lequel l’Europe a une place définie dans le monde, et dans lequel les membres s’identifient. Deuxièment, il faudrait s’entendre sur ces de facto valeurs partagées. A ce jour, ni la vision, ni les valeurs en commun sont clairs.

    brexit ideal europe

    La Maison Idéale par Claude Nicolas Ledoux, 1770

  2. S’attaquer à comment mobiliser l’économie européenne de l’intérieur — au lieu de se focaliser comment repousser ou épingler les nouveaux entrants (ex Google, Facebook et Alibaba), encourager l’entrepreneuriat ainsi que le mouvement des gens entre les pays ; et collaborer sur des projets stratégiques (outre Airbus!). L’imposition et la bureaucratie lourde ne sont pas des conditions favorables pour le business.
  3. A partir d’un Nord bien défini, prendre les décisions difficiles. Par exemple : de nettoyer l’Europe des membres qui ne jouent pas le jeu. Le consensus n’est pas ami avec la prise de décisions difficiles.
  4. Sans oublier que, si l’Europe agit correctement, l’Ecosse et l’Irlande du Nord pourraient décider de se rejoindre à l’UE…

Dans la vision de l’Europe de demain, il y aurait besoin d’identifier une ou des valeurs en commun* ; une idée partagée de facto par les peuples y résidant. Il faudrait prendre des actes solidaires qui démontrent une volonté précise et qui unissent. Il faudrait du stream-lining (allègement) du processus de prise-de-décision. Y aura-t-il enfin un alignement sur les politiques fiscaux et, plus compliqué encore, sur le rôle de l’état (ex : niveau de dépenses) au sein de chaque pays ?

Redefinition de l’Europe

Même si beaucoup détesterait l’idée, il y aurait peut-être besoin d’un vrai chef d’orchestre de l’ensemble. Y aurait-il un appétit de la part des citoyens (et de leurs gouvernements) de céder plus du pouvoir et de la souveraineté à une méta-structure, à un Président européen ? Mais, imaginant que ça soit accepté, y aurait-il une personne à la hauteur ? Angela Merkel présenterait la meilleure option.

Beaucoup de questions sont posées. Mais ces questions auraient dû être débattues et réglées bien avant. Maintenant, on se doit de dire qu’il y a feu au lac.

Si Brexit avait raison…

Brexit

Brexit – Breaks It or Fixes It? Se passe ou ca casse ?

Si l’Europe est capable de se mobiliser dans des changements radicaux qui assureront l’avenir de l’Europe, le BREXIT aurait eu l’intention inattendue de donner le coup de pied nécessaire de provoquer ce processus de changement. Mais si l’Europe implose, cela donnerait raison au Royaume-Uni, qu’il aurait eu bien raison de s’en retirer. Peut-être le Royaume-Uni aurait été l’étincelle, mais à mon sens, la braise était déjà allumée. Dans les deux cas, je maintiens ma position que Brexit était la bonne décision, même si le moyen et la raison derrière ce vote sont peu salubres.

Un premier acte : Au moment de l’Euro 2016, je proposerais de créer une équipe européenne pour chaque sport (pas simplement le golf) !

L’Europe : A nous d’agir ensemble !

*Alors que les Etats-Unis sont loin d’être exemplaire sur plein de points, il y existe le partage – à travers les 50 états – d’une croyance fondamentale : l’individu à droit de construire son propre avenir. Ce genre de valeur partagée lie et transcend tout le peuple américain. Que la UE trouve la sienne !

La disruption sera plus grande en France que dans d’autres pays, @martelf

J’ai entendu la phrase suivante dans une intervention par Frédéric Martel, journaliste (NPR, France Culture) et auteur (Smart, Enquête sur les internets aux éditions Stock, avril 2014), à l’occasion de fêter les 20 ans de Yahoo:

Chaque fois que je reviens de mes voyages à l’étranger et j’atterris à Charles-de-Gaulle, je m’aperçois que la disruption sera plus grande en France que dans d’autres pays »

 

Les principes et valeurs du pays – une disruption profonde

france-numeriqueFrédéric Martel a ensuite énuméré combien et comment la France a, dans son ADN, des principes qui rend l’impact de la revolution numérique (et donc la charge de travail) plus conséquent. La France est un pays qui valorise :

  • la centralisation versus la decentralisation de l’Internet
  • la hiérarchie versus le monde plat
  • le secret (cf Le Grillon – Pour vivre heureux, vivons caché) versus l’ouverture et la transparence
  • l’attachement au gouvernement et aux grands groupes versus l’entrepreneuriat
  • la représentation (l’image et la perfection) versus l’activité
  • John Meynard Keynes (intervention de l’état et la re-distribution) versus Joseph Schumpeter (la destruction créatrice)

Dans cette liste, bien entendu la France n’a pas le monopole de ces principes. Mais il s’agit de la combinaison qui le rend difficile face aux défis de l’Internet et du numérique.

Real Time – la relation avec le temps

Comme le temps de la présentation était court et que Frederic a écrit tout un livre sur le sujet, j’imagine qu’il y a plein d’autres aspects à noter, par exemple sur l’importance du présentéisme — totalement antinomique avec l’Internet. Mais pour ma part, il y manque un autre point radicalement clé, qui est sine qua non fondamental dans cette ère numérique: la relation avec le temps.

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on time clock

Sans parler du slow time, les pays de culture latine (pour ne pas parler de l’Afrique) ont une relation avec le temps qui est particulièrement différent par rapport aux Anglo-Saxons. L’Internet, à la base un outil de communication, permet une rapidité d’échange et une gestion en temps réel des affaires. Dans un monde où nous devons arriver à l’heure aux rendez-vous de vidéo- et télé-conférence, on ne peut plus accepter le « quart d’heure parisien » de retard ou le débordement trop habituel des agendas. En plus, les attentes et l’impatience des consommateurs s’accentuent et s’accélèrent, exigeant des réponses en ligne très rapide (considéré de plus en plus un pilier du concept de service dans le service à la clientèle). On ne peut plus attendre la validation hiérarchique et la quête de perfection, soulignant l’image soignée et voulue, inscrite dans la culture française.

Une question de culture

Sous entendu dans les propos de Frederic Martel, le digital (ou le numérique) est, avant tout, une question de culture et d’état d’esprit. Ainsi, les problèmes de culture avec des valeurs profondes (telles qu’il a cité) non adaptées, peuvent se retrouver dans une culture d’entreprise également. Pour être totalement clair, ces problèmes de hierarchies, silos, retard et centralisation ne sont pas limités aux sociétés françaises, mais sont apparents dans des entreprises le monde entier. Si des principes similaires sont en pratique chez une entreprise, il est certain qu’il faut prendre des mesures. Au moins, il faut commencer par reconnaître la dichotomie. C’est en ceci que réside la vraie rupture digitale.

Solutions nécessaires

Au lieu simplement de se plaindre (ce sport national en France), il s’agit d’apporter des solutions. Voici, donc, les cinq actions que je recommanderais aux patrons d’amener dans l’entreprise:

  1. revoir les critères de recrutement et d’évaluation pour encourager des valeurs et le comportement voulu
  2. revoir l’organisation de l’entreprise pour enlever les couches hiérarchiques en se focalisant sur la clarté des objectifs des employés et des équipes
  3. instaurer un système de communication en interne qui permet une communication ouverte et rapide (cf Yammer ou Chatter…) avec les patrons qui s’y mettent en premier
  4. quant à la gestion du temps, le leadership doit être modèle avec un management plus stricte sur la gestion des reunions, etc. Pour le coup, ça doit être top down.
  5. pour être credible: mieux vaut être et faire avant de le dire et l’écrire.

Si ces cinq actions ne sont pas ni facile ni rapide à implementer, il convient que le rôle de leadership est inéluctablement la clé. Pour autant qu’on est dans un pays qui respecte le pouvoir et les grandes institutions, le chef doit prendre le « lead. » C’est-à-dire, il/elle doit impérativement (voire impérieusement) incarner le changement voulu.

Vos réactions?

« It’s a pen I want, not Le pen » #JesuisCharlie

#jesuisCharlie

Ma contribution artistique, utilisant Keynotes et empruntant deux images…. en commemoration du massacre Charlie Hebdo. #JeSuisCharlie

Le garçon, à droite, est dérivé de Calvin & Hobbes. Voir l’histoire ici de l’origine de l’image: Gawker story. Le stylo est un Classic Pens LB2 Kimono Daichi (from Collectors Weekly). Ces stylos Maki-e sont peints à la main en or laqué au Japon.

black_ribbon #jesuisCharlie

MDF69: La communication politique et corporative: les valeurs au centre du dispositif

Bonjour et Bienvenue au Show Radio Minter Dialogue émission #69.

Olivier Cimeliere et Thierry Wellhoff – à batons rompus

thierry-wellhoff, Minter Dialogue The Myndset Digital Marketing

Thierry Wellhoff

Cette émission est un peu spécial, car il s’agit plutôt d’une conversation à bâtons rompus avec deux amis, Olivier Cimilière (auteur du Blog du Communicant 2.0, avec une chronique Nouvel Obs) et Thierry Wellhoff

Olivier Cimelière, Minter Dialogue The Myndset Digital Marketing

Olivier Cimelière

(PDG de l’Agence Wellcom, spécialisée dans la communication d’images et d’opinions). Alors que j’ai eu précédemment l’occasion de tourner un entretien avec Olivier, cette fois-ci j’accueille Thierry et nous avons fait une discussion à trois sur deux sujets:

  • la communication par les candidats français aux élections présidentielles 2012
  • et les enjeux de la communication dans les entreprises à l’ère du digital.

On y parle de l’importance de la mission et de la notion des valeurs pour les entreprises et le rôle important des patrons d’incarner le changement eux-même (« walk the talk« ). J’espère que vous aurez autant de plaisir à l’écouter que nous avons eu à l’enregistrer.  Et n’hésitez pas à nous faire part de vos réactions et commentaires.

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MDF58: Olivier Cimiliere Cordonnier, le Blog du Communicant 2.0

La communication dans l’ère moderne…

Le Blog du Communicant 2.0, on The Myndset Digital Marketing

Olivier Cimelière, sur The Myndset Marketing DigitalCette émission podcast est avec Olivier Cimilière Cordonnier, auteur du beau Blog du Communicant 2.0. Avec un oeil de journaliste et une belle carrière dans la Communication en entreprise, dernièrement chez Google, Olivier est un homme à la croisée de plusieurs sujets clés pour le marketing digital. Ensemble, nous avons discuté de pourquoi et comment le rôle de la Communication Corporate est en train de prendre un grand virage. On a également parlé des activités de Communication Digitale des hommes et femmes politiques en France, un bilan bien tranché. Enfin, nous avons échangé sur les médias en France et qui parmi eux est en train de prendre une bonne tournure sur le Web.

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La transparence en France – un sujet qui fache, étude IFOP à l’appui

Quelle est la place de la transparence en France?

J’ai assisté au lancement de presse du site, Coocoonhome, un réseau social pour l’immobilier.  Ruth Negri, une amie depuis mes jours à L’Oréal et la fondatrice du site, a remarqué que les 3 valeurs clés du site sont exprimées sur la page d’accueil, dont la valeur de la transparence.  C’est un mot et un sujet on peut plus être d’actualité.   Ainsi, Ruth a commissionné une étude sur la perception et le vécu de la transparence en France.  Le sujet m’intéressait beaucoup.  Cette étude était réalisée par l’IFOP et les résultats ont été livrés par Frederic Micheau, Directeur Adjoint du Département Opinion et Stratégies d’Entreprise.

L’étude était fait auprès de 1009 personnes, représentatives de la population française âgée de plus de 18 ans.

La Transparence: Une valeur positive en France

Transparence en FrancePremier constat:  92% des interrogés disent que la transparence est une valeur positive ; on constate que juste 1% dit que la transparence est « tres négative ».  Mais sur les 92%, on note que seulement 61% ont répondu « assez positive » et 31% en «très positive. » On relève une sur-indexation plus positive pour les hommes, les plus de 50 ans et pour les cadres et pour ceux à Paris.

Pourtant, la société française est considérée transparente que par 28% (dont 2% qui le considère très transparente).  Pour 72%, la transparence n’existe peu (60%) ou pas du tout (12%).

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