L’Art Comme Amplificateur de Vision avec Pauline Pons, Auteur et Conférencière (MDF114)

Minter Dialogue Episode #114

Pauline Pons est historienne de l’art, auteur et conférencière. Après son livre « Comment Distinguer un Chef d’Oeuvre d’une Croûte ? », elle a sorti en 2020 aux éditions Bayard et Musée d’Orsay, « L’Art Pas Bête. » Dans cet entretien, nous discutons du rôle que peut jouer l’art et l’architecture pour le business, le besoin de plus d’aventure et de l’innovation, l’intérêt de la surprise, la différence entre la beauté et l’art, les beaux arts et l’art décoratif, et bien plus.

Merci de m’envoyer vos questions par email — en tant que fichier audio si vous le souhaitez — à nminterdial@gmail.com. Sinon, en dessous, vous trouverez tous les liens pour un suivi du podcast. Vous êtes bien entendu invité à déposer un message ou à le partager. Si vous pouvez, merci d’aller déposer une revue sur Apple Podcasts pour le noter.

Pour joindre Pauline Pons

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Vie Privée, Vie Pro – Être soi-même ?

Question de transparence ? Mais combien devrions-nous l’être ?

Dans quelle mesure vous sentez-vous à l’aise avec le concept de transparence ? Je sais que j’ai parfois du mal à trouver le bon niveau de transparence. Comme moi, vous avez certainement vécu des moments embarrassants où quelqu’un laisse échapper trop de détails privés. Donc, transparence certes c’est bien, mais jusqu’à quel niveau ?

Dans mon nouveau livre sur le leadership, You Lead (en anglais, aux éditions Kogan Page), j’écris sur le chemin de croix (et de connaissances) en gravant les echelons chez L’Oréal. La première croix — et le premier enseignement — ce fut le besoin progressif d’être plus en cohérence avec moi-même. Plus j’étais pleinement moi-même au travail, plus j’étais clair dans ce qui était important ; et cela a aidé à stimuler mes énergies internes.

La transparence est un concept vaste et abstrait. Combien de son être et personnalité devrions-nous apporter au travail ? Le temps est passé où nous pouvions séparer entièrement nos identités professionnelle et personnelle. Prétendre que nous devrions éviter la transparence et ne présenter qu’une image parfaite au travail est aussi absurde que de prétendre que nous sommes toujours heureux et que nous ne mourrons jamais. Mais il n’est pas question d’être que dans les émotions avec sa vie intime exposée. Si ce n’est pas une transparence totale, alors combien de soi doit-on amener sur le terrain pro ? Ce sont des questions régulières que je reçois. C’est presque comme s’il y avait une échelle de transparence et que nous pourrions tout simplement monter les étapes à volonté ?

Pour être clair, cependant, la réponse est nuancée et dépend du contexte. La clé est de comprendre comment le changement de votre niveau de transparence affectera votre fiabilité et votre authenticité.

« La clé est de savoir comment le changement de votre niveau de transparence affectera votre fiabilité et votre authenticité. »

La transparence n’est pas pour tout le monde.

Pour être sûr, tout le monde ne veut pas, ou n’a pas besoin d’être plus transparent. Certains emplois nécessitent en effet de l’opacité (on pense à l’espionnage). Il y a des moments où l’asymétrie des niveaux de transparence est plausible. Par exemple, il est généralement préférable qu’un patient révèle tout à un médecin, alors que le médecin n’a pas nécessairement besoin de tout dire en retour. De plus, beaucoup de gens ne sont pas convaincus qu’il y ait de la place pour une vie personnelle au travail. Vous entendrez leur conseil de ne jamais apporter vos problèmes personnels au bureau ; et certainement pas vos opinions politiques ni vos croyances religieuses. Et encore une fois, il peut être judicieux de ne pas exposer son point de vue sur des sujets d’actualité si la culture de l’entreprise ne les accepte pas.

En outre, certains aiment le mystère, le non dit ; ils ou elles y voient de la beauté et estiment qu’il y a danger de surexposition entre les réalités. L’intrigue et le mystère peuvent être alléchants, voire engageants. Conclusion : vous ne devrez pas ajouter la transparence à toutes les sauces.

Transparence radicale?

A l’autre bout de l’échelle, vous pouvez obtenir des appels à une transparence totale ou radicale. Mais ce n’est pas pour tout le monde. En fait, je pense que c’est pour très peu de gens. Surtout dans la mesure où l’on ne se connaît jamais vraiment, quelle est la version de soi sur laquelle nous sommes transparents ?

Transparence nuancée

Je pense que la solution la plus pragmatique, la plus réaliste et la plus acceptable consiste à évaluer comment et où une plus grande transparence sera mutuellement avantageuse. Il faut donc établir les avantages de la transparence. La première est de l’ordre de la confiance. Etre ouvert et authentique aura tendance à permettre plus de confiance. La transparence aide au développement de la connaissance de soi dans une interaction constante. Plus on s’expose, plus on prend le risque de l’ouverture et d’être soi-même, plus on se connaît ; et plus on se connaît, plus on sait gérer la transparence. Si vous connaissez vos limites et les contours de votre jardin secret, vous êtes honnête avec vous-même. Mais si vous gardez toutes vos affaires personnelles secrètes, en particulier vos faiblesses, vous pourriez avoir du mal à gagner la confiance de vos collègues. L’écran de fumée (nos masques) que nous mettons en place peut provenir d’un certain nombre de raisons – telles que l’incertitude, un manque de confiance ou un sens du devoir – qui sont généralement façonnées par nos expériences. Dans la mesure où c’est votre expérience, il est probable que vous faites ce qui est le mieux pour vous. Pourtant, il y a toujours de la place pour l’évolution si vous vous le permettez. Ce n’est pas parce que vous avez un jardin secret que vous ne pouvez pas révéler d’autres éléments personnels de votre vie.

De serieux à c’est rien [sic]

Dans mon parcours personnel, lorsque j’étais cadre supérieur chez L’Oréal (surtout pendant la première décennie), on me trouvait souvent plutôt sérieux. Après le boulot, cependant, on pouvait me trouver portant un tie-dye en dansant comme un fou avec ma musique préférée (The Grateful Dead). Ce n’était guère une ambiance ou attitude apte pour le travail. Pourtant, il m’est devenu terriblement clair que je devais unir ces deux versions de moi. Sans le faire, je n’apportais qu’une partie de moi au travail. Alors qu’il y a forcément des nuances, j’ai convenu qu’il faille passer du sérieux à c’est rien [sic].

Lorsque nous venons avec de bonnes intentions et que nous sommes capables de nous dévoiler aux autres autour — y inclus nos faiblesses et vulnérabilités — les effets sont puissants. Vous vous sentirez plein d’énergie. Vous vous sentirez connecté à vous-même. Et, surtout, ceux qui vous entourent se sentiront également plus connectés à vous. Vous choisirez votre degré de transparence, dans un voyage pour le bien de tous.

▶ Comment et quand pouvez-vous apporter plus de transparence dans votre vie professionnelle ?

Un événement et une enquête sur le leadership et la transparence !

Par ailleurs, si vous êtes Intéressés par le thème de la transparence, nous avons un événement en ligne le 20 janvier. Inscrivez-vous ici. J’ai aussi une enquête sur la transparence qui prend environs 6 minutes via SurveyMonkey.

Si vous avez apprécié cet article et vous lisez l’anglais, vous aimerez peut-être mon nouveau livre, You Lead, How Being Yourself Makes You A Better Leader (par Kogan Page), qui vient de sortir. Cliquez ici pour trouver votre exemplaire chez un choix de commerçants en ligne.

Quand La Transparence Pourrait Etre La Solution?

Avec sa victoire inédite, Emmanuel Macron voudrait insuffler du nouveau en France. Un de ces premiers actes « différents » était de faire son premier discours au Pyramide du Louvre. Si l’arrivée sur scène sous l’hymne européen ODE A LA JOIE était grandiose, sa promenade solitaire me paraissait un peu long avant d’arriver au podium.

macron transparence

Les enjeux devant lui, comme il l’a souligné maintes fois lors de son discours, sont immenses. Parmi les challenges — comme d’ailleurs dans beaucoup de pays — est un manque de confiance colossal des électeurs dans le gouvernement à gouverner. En France, on constate une élite qui prend systématiquement, presque par ordonnance, le pouvoir. Macron devient le 4è président issu de l’ENA sur 8 au total dans cette Vè République. Avec tous ces hommes provenant des Grandes Ecoles, ils peuplent les grands postes en entreprise comme au gouvernement. On sait que les affaires se font beaucoup dans les coulisses (partout), mais il y a une grande opacité dans la gestion des dossiers politiques. Certes, pas tout doit être dévoilé. Mais, cette opacité n’aide pas quand il s’agit de gagner la confiance des électeurs.

Avec le discours de Macron au Pyramide du Louvre, il m’a semblé qu’il y avait bien de l’espoir. Mais encore : est-ce que Macron peut gagner la confiance de tous ? Le Pyramide entouré par la culture, l’histoire et les traditions du Louvre me paraissait bien symbolique. Mais pourrait-on s’inspirer au Gouvernement de rajouter plus de transparence dans la manière de gouverner ? La corruption nous semble toujours pas loin. Et encore, les résultats, surtout récemment, sont accablants.

Les médias ont un rôle important à jouer. Mais, comme avec tout grand changement, ça doit venir d’en haut. Sinon, on risque de continuer à être tiré vers le bas. A vous, Monsieur Macron, de nous montrer la voie.

 

Coocoonhome – Un réseau social autour de l’immobilier

Coocoonhome – un réseau social dédié à l’immobilier

Ce matin j’ai assisté au lancement de presse de Coocoonhome, un réseau social pour l’immobilier.   Pour comprendre pourquoi j’ai assisté à cet évenement, les raisons sont trois:  D’abord, la fondatrice Ruth Negri est une amie qui j’ai connue chez L’Oréal.  Deuxièmement, Ruth s’est lancée dans le digital, mon domaine de prédilection.  Et enfin, la naissance du nom du site vient de Montréal où j’ai passé trois merveilleuses années de ma vie.

Le site de Coocoonhome a été en phase beta depuis un an, mais aujourd’hui marque le lancement réel. Coocoonhome a désormais plus de 212,000 annonces (achat et location) et plus 5,750 membres (particuliers et professionnels).

Coocoonhome home page

Alors, pourquoi Ruth Negri a-t-elle créé Coocoonhome?

Deux raisons:

  1. Pour le consommateur, c’est un vrai parcours de combattant parce qu’il y a tellement de démarches à faire, avec beaucoup d’interlocuteurs disparates qu’il fallait bien trouver une solution. (Je suis plus que d’accord)
  2. L’immobilier est cloisonné, avec le circuit professionnel séparé du circuit particulier.

D’où l’idée d’un réseau social où on peut réunir plusieurs personnes et secteurs autour du même intérêt.

Recherche de la transparence

Il y a 3 valeurs affichées sur la homepage de Coocoonhome :  La transparence, la simplicité et le partage.  Alors, il était naturel que Ruth ait mandaté une étude sur la notion de la transparence en France.  Je vais édité mon billet sur cette étude séparément (à suivre).  {Addendum: Le voici ici.}

 

Le Web 2.0 en entreprise – A l’Interne ou Externe?

Interne ou Externe en priorité?

Interne ou Externe en priorité?

Si on sait que les ressources sont de plus en plus limitées, quand on est en charge d’une entreprise qui ne s’est pas encore lancée sur le web véritablement avec une stratégie digitale ‘sociale’ (dit « web 2.0 »), est-ce que c’est mieux de se lancer avec une approche externe (vers ses clients) en premier ? Ou, est-ce que vous recommanderiez plutôt de commencer par une approche interne (intranet, etc) ?

Si l’externe est critique — car le client EST le gain-pain — l’interne est moins onéreux et plus « safe » car ça permet de se mouiller et expérimenter sans trop faire de bêtises.

Mais, si l’entreprise lance des réseaux sociaux visant ses interlocuteurs externes (e.g. clients) afin de mieux interagir et les écouter sans faire la même chose avec ses employés, cela peut provoquer ou cacher des malaises, voire des malheurs à l’interne. Continuer la lecture

Entreprise: La boîte … noire

Il semble que l’entreprise est un sujet qui nous concerne tous, et tous les jours.  Les entreprises sont à la Une des médias, évidemment à la cafétéria (et autres lieux de rencontre) et même autour de la table de dîner de famille.  C’est un sujet qui occupe autant qu’il préoccupe.

L’étymologie du mot entreprise, selon la description donnée par wikipedia, est intéressante, car elle renvoie vers des craintes [exemple: celle de la prise de risques].  Voici la définition wikipedia:

« Dérivé de « entreprendre » daté de environ 1430-40 dans le sens de « prendre entre ses mains ». Aux environs de 1480 il prit le concept actuel de « prendre un risque, relever un défi, oser un objectif» » Continuer la lecture

Note2be: les etudiants notent les professeurs

note2beEn France, deux jeunes garçons hommes ont eu la bonne idée de créer un site, note2be, pour noter les professeurs à l‘école. Je dis bravo. Qui plus est, il semblerait que les étudiants ont « le bon esprit » et ont donné une moyenne de 14 sur 20. Bombardé, le site est actuellement en surcapacité (plus de 50,000 visites en 3 jours – et ce même avant l’apparition dans le Figaro ce vendredi, « Les profs ont 14 sur 20… ») et donc pas visitable actuellement. Néanmoins, je trouve le concept très rafraîchissant. Évidemment, la confidentialité permet aux étudiants de se lâcher. L’éducation en France est en train de souffrir, c’est évident. En partie, en parlant avec mes amis dans le milieu, il semblerait que la façon d’enseigner en est pour quelque chose. La FSU (syndicat d’enseignants) parle de phénomène de « lynchage public». Pourvu qu’ils ne commencent pas un grève.

J’ai deux commentaires à émettre sur le sujet :

1/ Noter des professeurs est un concept que nous pratiquons de façon rigoureuse dans l’éducation des adultes (« andragogie »), que ça soit dans le cadre de l’enseignement continu ou la formation permanente au sein de l’entreprise. Le principe est accepté facilement car les participants font le cours/stage avec un sens de responsabilité. L’enseignant est tenu a des objectifs – une responsabilisation (« accountability » un de mes mots favoris en anglais). Ainsi, la notation des professeurs est tout à fait raisonnable, car même si l’éducation est « gratuite », il y a toujours un prix a payer. Encore faut-il se mettre d’accord sur les objectifs en amont! Mais à premier abord, les questions sur le site note2be sont correctes.

2/ Les questions posées par le site sur le professeur semblent aller directement sur le fond : « ton professeur est intéressant ? », « il/elle manque de motivation », « il/elle est équitable », ou encore « il/elle est clair(e) »… Il ne s’agit pas de sujets frivoles, mais de la qualité d’engagement et des principes de base de la pédagogie.

Je prépare un nouveau billet sur les professeurs dans ma vie qui m’ont marqué profondément, me donnant envie d’apprendre pour ne pas dire m’avoir appris tellement de choses dans la vie (et bien sûr par rapport au cursus). Le professeur est le pilier du système éducatif, car même avec un curriculum (en France) qui se doit d’être revu, un bon prof vaut de l’or ; et un système de notation permettrait aux meilleurs professeurs d’être reconnus en tant que tel. Les Etats-Unis devrait prendre note [en plus le nom du site irait bien pour les anglophones]. Addendum du 26 février: Grace au commentaire anonyme (ci-dessous), je vois qu’il y a déjà 2 sites aux Etats-Unis avec le même concept: ratemyteachers (ouvert en 2001 pour tous les enseignants de la maternelle jusqu’au bac en Amérique du Nord; plus de 10 million d’opinions) et ratemyprofessors (ouvert depuis 1999 avec 6 million d’opinions pour 1 million de professeurs à plus de 6,000 universités anglophones à travers le monde).

Par ailleurs, il serait tout à fait intéressant de pouvoir faire une notation des médecins aussi ? Un sujet à étudier.

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