BREXIT – Si Le Rosbif Est Cuit ?

brexitAprès le vote surprenant du Royaume-Uni pour BREXIT, nous étions certainement tous dans des discussions « animées » sur le sujet. Parmi mes amis à Paris, la conversation revenait constamment sur les Anglais. Et à l’instar du Journal du Dimanche, les deux premières pages dédiées au sujet BREXIT était entièrement focalisées sur le Royaume-Uni. Les réactions sur le continent tournaient autour de : ils vont souffrir, ils sont fous, ils ne se rendent pas compte, ils sont racistes… Mais, à mon sens, dans ces expressions, ils se trompent de conclusion. Il vaudrait mieux ne pas agir comme un amant refoulé. Une autre amie a dit, « j’ai peur. » Là encore j’ai envie de dire qu’on a besoin de passer de la peur à l’acte. Je me sens personnellement plus Européen que français (citoyen naturalisé). Et je pense que l’Europe doit agir différement à tout points de vue.

Ainsi, j’ai eu besoin d’écrire mon point de vue.

Mon message fort aux pro-Européens : ne vous focalisez pas sur le Royaume-Uni et les conséquences sur eux. Certes, les raisons qui ont motivées ce vote sont désolantes; certes le Royaume-Uni pourra voir la Livre affaiblie et son économie en difficulté… Mais le vrai sujet est :

Que faire de l’Europe ?

brexit chinese-symbol-for-crisisComme dirait le chinois: dans toute crise, il y a danger et opportunité. L’exigence du coté Européen n’est pas d’établir la meilleure rétribution contre les rosbifs. Elle est de trouver sa propre voie et de s’occuper d’elle-même. Angela Merkel l’a justement demandé : « il ne faut pas tirer des conclusions rapides quant à la décision britannique…» L’Europe a besoin de comprendre – de manière profonde — pourquoi ce vote est parvenue. En superficie, il s’agit d’un vote de vieux anglais pour retrouver la souveraineté britannique. Mais, au fond, le problème est que les britanniques n’ont pas trouvé suffisamment de raisons d’appartenir. Vaut ce que Sarkozy vaut, mais il a raison de dire, « Les Britanniques sont partis : c’est leur choix. Il nous faut maintenant agir vite et fort. » (JDD p6).

Les Risques

Les trois plus grands risques que BREXIT posent pour l’Europe sont :

  1. Le nationalisme dans les pays (France, Autriche, Pays Bas…) prend le pouvoir, poussé par la peur de l’immigration et un besoin de retrouver une fierté perdue. Il faudrait notamment guetter les élections présidentielles en France et l’Allemagne l’année prochaine. A ne pas oublier le risque (et le besoin d’une réponse appuyée par l’Europe et les E-U) du nationalisme russe.
  2. L’économie européenne ne décolle pas (ou plus?), laissant un taux de chômage trop important, une population jeune en position périlleuse et un mouvement de population intra-européen stagnant. A noter: les effets déstabilisants d’un système fiscal non-harmonisé et les dépenses d’état peu coordonnées font que l’Euro est totalement bancale.
  3. Que le peuple dans les pays européens se sent de plus en plus prisonnier d’un Europe dans lequel il ne se reconnaît pas ; et, quelque part, n’a pas un bénéfice à la hauteur de sa souffrance. Ainsi, on verra d’autres pays européens sans doute se lancer sur leur propre EXIT. On parle déjà de votes similaires dans plusieurs pays. Ca veut bien dire qu’il y avait un courant fort anti-européen qui régnait avant le vote du Royaume-Uni.

Les risques sont de taille. Mais elles existaient bien avant le BREXIT. En fait, ces sujets ont été discuté pleinement précédemment. Mais, à 28, on n’a pas trouvé de solution. Le problème c’est que personne (à Bruxelles en particulier) ne sentait suffisamment l’urgence. C’est tout comme les Comités Exécutifs qui sont sur-peuplés. Un Comex de 28 27 personnes est tout juste ingérable.

Les Opportunités

Les opportunités pour l’Europe — voire des conséquences inattendues — sont :

  1. Un réel besoin de définir la vision (son NORD) de l’Europe ; chose qui pourrait être rendu plus facile sans la présence et le point de vue toujours pinailleur des anglais. D’abord, il faudrait imaginer un avenir dans lequel l’Europe a une place définie dans le monde, et dans lequel les membres s’identifient. Deuxièment, il faudrait s’entendre sur ces de facto valeurs partagées. A ce jour, ni la vision, ni les valeurs en commun sont clairs.

    brexit ideal europe

    La Maison Idéale par Claude Nicolas Ledoux, 1770

  2. S’attaquer à comment mobiliser l’économie européenne de l’intérieur — au lieu de se focaliser comment repousser ou épingler les nouveaux entrants (ex Google, Facebook et Alibaba), encourager l’entrepreneuriat ainsi que le mouvement des gens entre les pays ; et collaborer sur des projets stratégiques (outre Airbus!). L’imposition et la bureaucratie lourde ne sont pas des conditions favorables pour le business.
  3. A partir d’un Nord bien défini, prendre les décisions difficiles. Par exemple : de nettoyer l’Europe des membres qui ne jouent pas le jeu. Le consensus n’est pas ami avec la prise de décisions difficiles.
  4. Sans oublier que, si l’Europe agit correctement, l’Ecosse et l’Irlande du Nord pourraient décider de se rejoindre à l’UE…

Dans la vision de l’Europe de demain, il y aurait besoin d’identifier une ou des valeurs en commun* ; une idée partagée de facto par les peuples y résidant. Il faudrait prendre des actes solidaires qui démontrent une volonté précise et qui unissent. Il faudrait du stream-lining (allègement) du processus de prise-de-décision. Y aura-t-il enfin un alignement sur les politiques fiscaux et, plus compliqué encore, sur le rôle de l’état (ex : niveau de dépenses) au sein de chaque pays ?

Redefinition de l’Europe

Même si beaucoup détesterait l’idée, il y aurait peut-être besoin d’un vrai chef d’orchestre de l’ensemble. Y aurait-il un appétit de la part des citoyens (et de leurs gouvernements) de céder plus du pouvoir et de la souveraineté à une méta-structure, à un Président européen ? Mais, imaginant que ça soit accepté, y aurait-il une personne à la hauteur ? Angela Merkel présenterait la meilleure option.

Beaucoup de questions sont posées. Mais ces questions auraient dû être débattues et réglées bien avant. Maintenant, on se doit de dire qu’il y a feu au lac.

Si Brexit avait raison…

Brexit

Brexit – Breaks It or Fixes It? Se passe ou ca casse ?

Si l’Europe est capable de se mobiliser dans des changements radicaux qui assureront l’avenir de l’Europe, le BREXIT aurait eu l’intention inattendue de donner le coup de pied nécessaire de provoquer ce processus de changement. Mais si l’Europe implose, cela donnerait raison au Royaume-Uni, qu’il aurait eu bien raison de s’en retirer. Peut-être le Royaume-Uni aurait été l’étincelle, mais à mon sens, la braise était déjà allumée. Dans les deux cas, je maintiens ma position que Brexit était la bonne décision, même si le moyen et la raison derrière ce vote sont peu salubres.

Un premier acte : Au moment de l’Euro 2016, je proposerais de créer une équipe européenne pour chaque sport (pas simplement le golf) !

L’Europe : A nous d’agir ensemble !

*Alors que les Etats-Unis sont loin d’être exemplaire sur plein de points, il y existe le partage – à travers les 50 états – d’une croyance fondamentale : l’individu à droit de construire son propre avenir. Ce genre de valeur partagée lie et transcend tout le peuple américain. Que la UE trouve la sienne !

Rechercher l’Agilité et Accélérer l’Innovation avec Jean-Francois Dhinaux (MDF90)

Minter Dialogue avec Jean-Francois Dhinaux

jean-francois dhinauxCet entretien est avec Jean-François Dhinaux, consultant, speaker et fondateur de 3HD, une agence qui aide les entreprises dans l’accélération de leurs projects digitaux. Avec une belle expérience dans l’ecommerce et les enseignes, Jean-François apporte un regard opérationnel et international. Dans cet entretien, nous discutons de l’intérêt et la meilleure manière pour des entreprises de s’aligner et intégrer des startups pour se rendre plus agile et innovant.

Par ailleurs, si vous avez aimé cet entretien, merci de prendre quelques instants pour le noter sur iTunes! Bien entendu, vous pouvez vous abonner au podcast ici par iTunes.

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Quand La Transformation Digitale Ne Fonctionne Pas… 9 Raisons Responsables

Bon nombre d’entreprises ont sur leur plan stratégique la transformation digitale. Selon une étude de Monster France, 94% des dirigeants d’entreprise considèrent que la transformation numérique est un objectif stratégique. C’est une évidence qu’à partir du moment que le sujet est sur l’agenda du Comex, l’entreprise se sent en retard par rapport aux changements. Le plus grand problème pour les exécutifs est qu’il ne s’agit pas simplement de l’installation d’un nouveau système d’information. Avant tout, il s’agit d’un changement d’état d’esprit*. Dans un article que j’ai écrit pour CMO.com, j’ai parlé de « la montagne digitale » ; et l’ensemble est bien difficile à saisir.

transformation digitale 1

Pourtant, chaque entreprise est obligé de comprendre les implications et opportunités qui y résident sinon les entrepreneurs vont y penser (et agir) à leur place. Il y a 3 principes qui sont profondément perturbés par l’existence de cette montagne digitale:

  1. la vitesse avec laquelle il faut communiquer et agir
  2. la relation avec le client
  3. le modèle de business.

Pourquoi mon programme de transformation digitale ne marche pas ?

C’est une question qu’on entend souvent, en tout cas dans les coulisses.

transformation digitale 1

Voici la liste des raisons que je pense expliquent le manque de succès de ces programmes. Ce n’est pas dans un ordre particulier ; en revanche, les trois premiers sont fatals.

  1. L’entreprise manque de « Nord. » C’est à dire, elle n’a pas de mission précise qui rassemble et donne du sens et la bonne direction.
  2. Le patron n’est pas digital. Il (elle) se contente de lire ce qui se passe dans les rapports des consultants, ou pire encore les articles du Monde et les Echos.Une variation sur ce thème: le patron pense que le digital n’aura pas un grand impact sur son business (du moins, avant son départ).
  3. Pas centré sur le client. L’entreprise a une culture incompatible avec le concept « le client est roi. » C’est un fait que le consommateur a plus de pouvoir que par le passé.
  4. Désengagement de l’employé. Avec la mobilisation nécessaire dans la transformation digitale, ça ne peut se passer si l’ensemble des managers sont pleinement engagés. De plus, avec le renversement du pouvoir vers le client, les points de contacts avec les employés se sont démultipliés et l’opportunité de trébucher est ainsi plus fréquente.
  5. La gestion du temps est déréglée. Symptôme aussi d’un manque de Nord, la gestion du temps est rendu difficile par l’avalanche de nouveaux modes de communications. Cette gestion est empirée si les couches d’hiérarchie restent en place, les silos sont encore trop présents et si les patrons n’ont pas pris le pas digital en main eux-mêmes. L’agilité demande une capacité de se décider rapidement.
  6. La communication en interne est en défaillance. Symptôme d’un management non digital, il existe un arriéré des emails et/ou messages dans la boîte vocale; des pare-feu encore trop restrictif pour permettre les « nouveaux » outils (ex: Dropbox, Doodle, Google Drive, Skype, Facebook…).
  7. Un héritage pesant. Que ça soit les systèmes et l’infrastructure existants ou les compétences des personnes en place, l’entreprise souffre de son héritage.
  8. Privilège aux idées. Dans une quête de toujours mieux faire, voire la recherche de la perfection, l’action prend du temps.
  9. L’état d’esprit n’est pas adapté. Les concepts de la transparence, l’authenticité, l’empathie et l’acceptance de l’échec, sont antithétiques avec la culture de l’entreprise (et notamment des membres du Comex). 

Le PDG est souvent tenté de nommer un Chief Digital Officer, en charge de la transformation digitale…. comme si la transformation de l’état d’esprit pourrait se déléguer ? Tracer son chemin sur la montagne digitale demande beaucoup d’efforts dans les meilleurs de cas. Et encore, si la pression reste focalisé sur la performance court-terme, la transformation digitale est vouée à pâtir.

En êtes-vous d’accord ? Y a-t-il d’autres raisons que vous avez trouvé ?

*D’où le nom de mon agence: myndset, ou l’état d’esprit.

Beaugrenelle Paris: Un Centre Digitalisé et Les Manières Qui Fâchent

Je suis allé découvrir le centre d’achat, dit « état de l’art » en matière d’expérience beaugrenelle by Claudius Dorenrof (FLICKR CC)shopping, le Centre Beaugrenelle dans le 15è à Paris.Sur leur site, ils proclament être « le centre commercial du 21e siècle ». J’imaginais une expérience poussée sur le digital. Alors que l’environnement est éclairé, agréable avec une bonne selection de boutiques, le bilan « digital » n’est pas très flatteur (2 sur 10). 

De quoi s’agit le côté digital du centre? J’ai trouvé quatres choses principalement:

  1. Des bornes / écrans qui expliquent le centre avec des indications au toucher.  
  2. Une application mobile dédiée (Android/iOS). 
  3. Un wifi gratuit. 
  4. Le magasin « phare » de Darty qui est un ‘concept store.’

Bornes: Avec l’écran tactile, j’ai eu des renseignements précis mais tout à fait ordinaire. Le toucher est comme d’habitude, pas toujours fiable. Au mieux, il y avait des codes QR.

Beaugrenelle ApplicationSur l’application mobile, qui favorise des interpellations directes, je suis mon soif car je n’avais pas donné des informations personnelles ainsi je craignais des appels ou offres à côté de la plaque. Aucune offre m’est venue lors de ma visite. Bonne nouvelle, en téléchargeant sur mon compte américain, j’ai eu droit à une version en anglais. En revanche, tout le contenu est resté en français. Tant pis pour les anglo-shoppers. 

Beaugrenelle wifiWIFI: Sur le wifi, grosse frustration. Je ne suis arrivé à me connecter proprement pendant toute ma visite; dieu sait combien je peux être têtu sur ce genre de chose. Visiblement il y a un problème de débit et de bornes, car le fait de monter et descendre l’escalateur était fatal. Il semblerait que le problème existe depuis le début. Frank Rosenthal a écrit en décembre 2013: « avec un wifi inaccesible sur une grande partie du magasin (pas de réseau) … l’expérience digitale est carrément raté. » C’est dire, l’écoute n’y est pas encore.

Le Coup de eGrâce – Save My Smartphone

Beaugrenelle Save My SmartphoneEnfin, sans faire le bilan du magasin Darty, amplement fait par d’autres, j’ai vu un concept digital que je pensais allait incarner le côté digital du centre: Save My Smartphone (SMS), une réparation express des smartphones (650 références, disent-ils sur leur site). Là, le comble. Le côté digital s’est déroulé comme suit:

J’approche le kiosk et je dis « bonjour » au garçon en train de regarder son appareil. 

Il lève la tête et me regarde; et il attend.  

Ensuite, il dit « Bonjour » avec l’air d’attendre encore une salutation de ma part. Mais comme il avait la tête dans son appareil il ne m’avait pas entendu. Je lui ai fait la remarque. En effet, c’était peut-être une synthèse du côté digital du centre. 

Au fait, si vous voulez réparer l’écran brisé de votre iPhone 6+, vous l’auriez en 20 minutes pour le butin de 229 euros. L’écran du iPhone 6, vous reviendrait à 149 euros (toujours en 20 minutes). A noter qu’ils proposent toutes formes de réparation. SMS est lancé en 2013 par Damien Morin, 25, qui a visiblement de grandes ambitions. En revanche, il faudrait aussi s’occuper du terrain de tous les jours… l’aspect bien terrien : l’analogue relation client.

Beaugrenelle: Un Centre Connecté = Digital mais plutôt très analogue

Bon, pour terminer, j’ai pris la brochure du centre Beaugrenelle. A ma grande surprise, il n’y avait pas aucun lien URL dedans, ni un code QR ou signet social. En revanche, j’ai trouvé une conférence à signaller: Un Dimanche Pour Se Réinventer (The School for Life), avec Fanny Auger, Jerome Frizzera-Mogli et Sandra Reinflet, du 11h30-12h45 le 3 avril. A faire si vous êtes dans le coin! Inscrivez-vous ici. C’est ça de gagner !

La Digitalisation de la Presse — En Quête de Solution

Télématin (France 2) a diffusé un reportage le 9 janvier 2016 sur l’état d’aLogo-Télématinvancement des journaux (officiellement « la presse écrite ») en 4 pays, et puis a fait un comparatif avec la France. « Comment les journaux résistent-ils face à Internet ? » Quels pays choisir, alors, pour évaluer le tournant digital des médias et la digitalisation de la presse ? Personnellement, j’aurais pris des pays tels que la Norvège (Schibsted) l`Allemagne, les États-Unis, la Corée du Sud ou encore l’Angleterre. Dans ces pays, le tournant digital est en plein fouet depuis un certain temps, et les médias ont dû prendre des grands virages face à une population digitalisée. Par curiosité, j’aurais peut-être voulu connaître l’état d’avancement en Chine et la Russie, là où il y a des enjeux de taille autour de la liberté de presse.

Mais, Télématin a choisi de regarder…. (roulement de tambour)…

La Grèce, l’Italie, l’Inde et le Canada

Lequel de ces pays est un titan du digital, reconnu mondialement pour ces avancées technologiques et/ou digitales ? Quand on parle de la presse, c’est vrai qu’il y a une histoire à raconter quelque soit le pays. C’est normal. Par les médias, on a un aperçu sur la culture … On peut « lire » beaucoup dans les médias, pas simplement de par ce qui est écrit, mais dans la liberté, le contrôle et par la passation de l’analogue au digital. Mais, aurait-il été l’objectif de la chaîne France 2 de mettre les médias en France en meilleure lumière par rapport à ces quatre exemples versus des pays plus en avance ?

L’ANALYSE DU DIGITAL – PROXY DE L’ANALYSE NORMALE?

C’est vrai qu’analyser comment la presse écrite se comporte permet une certaine lecture de comment le pays se comporte de façon générale vis-à-vis de la disruption digitale. En effet, les médias étaient au premier rang pour faire face à l’âge numérique. C’est au milieu des années 1990 que l’Internet a commencé à perturber l’industrie des médias (journaux, livres, musique…). Depuis 20 ans, la presse écrite vit une crise sans répit. Il y a beaucoup d’exemples de fermetures. Il y a même un site dédié à ce sujet: Newspaper Death Watch ou encore une rubrique sur The Guardian.

La presse écrite à l’air [sic] du digital ?

Le reportage de Télématin a cherché à comprendre comment la presse écrite « survit » dans l’ère digitale. Mais, sur les 4 pays choisis dans le reportage de Télématin, seulement le Canada peut être considéré un pays « moderne » en matière du digital. Pour le reste, on est sur des modèles chroniquement anciens.

La question fondamentale sous jacente est la liberté de la presse face à l’équation économique, le contrôle des récits et de l’opinion publique. En Grèce, comme j’ai identifié dans un billet précédant intitulé, « La Liberté de Presse, Comment Bien Se Défendre, » le problème n’est pas la digitalisation de la presse, mais la liberté de celle-ci avec un patronat de barons sans scrupule. Pour l’Italie, je note que le nom de Berlusconi n’a même pas été soupiré pendant le reportage. Pour l’Inde, ils n’ont pas cité IndiaTimes.in, la version digitale du Times of India qui est le journal anglophone avec la plus grande circulation quotidienne au monde. A noter que IndiaTimes.in est actuellement le 106è site sur les palmarès mondiaux (selon Alexa) en matière de trafic. Bref, hormis l’histoire de La Presse au Québec* qui est passé totalement au digital pour les éditions quotidiennes dans la semaine, le reportage s’est concentré sur comment le papier se maintient. Autrement dit : comment on peut résister au changement et rester dans le 20e siècle !

La liberté digitale ?

Le tournant digital de la presse est indubitablement lié à l’aspect transfrontalier et poreux de l’Internet. Les barons et gouvernements dans les pays qui jouissent d’une liberté sur le Net (en vert en dessous, carte par FreedomHouse) ont plus de mal a priori à contrôler les messages – quand bien même ces médias leur appartiennent. Heureusement, nous avons une certaine transparence. En tout cas, les citoyens ont la liberté de lire et écrire ce qu’ils veulent. Cependant la liberté ne résout en rien la difficulté des médias à survivre, économiquement parlant. Non sans ironie, on pourrait penser que la digitalisation de la presse met en péril la liberté de la presse.

digitalisation de la presse

Les modèles de business ne cessent de migrer. Les choix sont généralement entre la solution totalement payante (Mediapart, Wall Street Journal), payant avec des accès gratuits (ex New york Times), la gratuité entière en ligne (The Guardian…) ou la gratuité en ligne et en papier (ex Direct Matin, 20 Minutes…). Mais la réalité est que le papier est toujours la source primordiale des revenus. Encore aujourd’hui, 93% des revenus des journaux proviennent du print. Les revenus de la publicité digitale grimpent, +8.5% en 2014 et +60% depuis cinq ans…. Mais c’est toujours très faible. (Source Guardian)

la digitalisation deS medias… a venir: la television

Si la presse écrite était au premier rang pour confronter la numérisation des contenus et une diffusion/distribution par l’Internet, la télévision est au deuxième rang. Le contenu en vidéo s’apprête autant au numérique que l’écrit, avec le bémol de la bande passante. Si on veut voir comment la télévision va devoir prendre le tournant digital, mieux vaut NE PAS regarder les cas de l’Italie, la Grèce et l’Inde…. En revanche, il est certain que nul pays n’a la solution parfaite… A benchmarker plutôt (quand même) les pays « modernes » pour essayer de travailler ensemble sur une bonne solution qui permette cet équilibre compliqué de l’équation économique, l’audience … et l’indépendance éditoriale au moins pour les chaînes sérieuses.

*A noter que le journal de Seattle, Le Post-Intelligencer, a fait la même chose, mais plusieurs années avant, en 2009.

La Liberté De Presse – Comment Bien La Défendre ?

La Pologne est en train de vivre un moment délicat, s’agissant du décret signé par Liberte de presse Polognele Président Andrzej Duda, où l’état prend le contrôle des médias publics. Ici l’article paru dans Le Monde. Le contrôle — et qui est propriétaire — de la presse est un des plus grandes problématiques au niveau systémique des nations. Le cas de la Pologne est dérangeant au plus haut pour ce pays à haut potentiel. Cependant, le contrôle et la possession des médias est un problème de taille dans plein de pays. La Pologne, jusqu’alors relativement considérée « libre » (46e rang) selon World Freedom Press, se verra chuter radicalement en 2016.

Dans un reportage sur l’émission Télématin (France 2) ce samedi dernier sur l’état d’avancement de la presse écrite en 4 pays étrangers, ils ont traité le cas de la Grèce, pays à l’origine de la notion de la démocratie. Dans ce reportage sur la Grèce, on a témoigné que le nombre de journaux imprimés est pléthorique. Ils ont en effet 13 quotidiens sportifs nationaux, avec 2 à 3 journaux par équipe de football. Sur le plan de presse nationale, « il y a 19 quotidiens nationaux généralistes, 8 économiques, 1 satirique, 23 hebdomadaires et 44 journaux régionaux. » Le journalisme grec est largement politisé et contrôlé par des hommes de pouvoir. Les éditeurs du premier journal national, ProtoThema, déclarent recevoir fréquemment des menaces terribles. Les journaux servent avant tout les intérêts des grands barons (qui sont propriétaires d’entreprises, équipes sportives, entreprises de Liberte de presse Grecetravaux publics, etc.). Selon le reportage, signé Alexia Kefalas et H. Katsigiannis, la Grèce serait classée « 193e au rang des pays jouissant de la liberté de la presse. » Faux. Il n’y a même pas 193 pays dans le baromètre. Les reporteurs se sont trompées : la Grèce ne se place qu’au 91e sur 180 pays, utilisant le classement annuel par World Press Freedom. Cela n’empêche que la Grèce est très mal notée. A noter que la Grèce est tombée 56 places depuis 2009 et se situe en-dessous seulement la Bulgarie (106e) parmi les pays de l’UE.

Le lien entre les média et entrepreneur / industriel n’est point une infliction uniquement grecque. Sans parler de Rupert Murdoch ou James Packer, aux Etats-Unis, Jeff Bezos s’est emparé du Washington Post. Et encore, General Electric et Disney font parti de l’oligarchie des 6 propriétaires qui détiennent 90% des médias aux Etats-Unis.

LA LIBERTÉ LIÉE AUX ENTREPRISES ET LA POLITIQUE

Et pour la France ? Elle est notée au 35e rang, juste une place au-dessus des Etats-Unis. Il m’a toujours paru compliqué de comprendre le paysage des médias en France et quelle était la part d’indépendance vis-à-vis des entreprises et de la politique. Quelle est la véritable liberté d’expression ? Dans le tableau ci-dessous, j’ai compilé ce que je comprends par les plus grands joueurs, aidé par une bonne infographie du Nouvel Obs (et mon ami Olivier Cimelière). C’est un tableau qui bouge, vu les achats par les uns et les autres.

liberte de presse

En haut du tableau, il y a l’homme de pouvoir (les barons français, disons). En gris (2e ligne), on trouve les entreprises sous leur contrôle. Enfin, en 3e ligne, les médias principaux détenues. Le souci invisible de ce tableau — et bien difficile d’y voir clair — est le lien entre ces hommes et les hommes et femmes en politique. Selon cet article sur Agoravox (2010), Arnaud Lagardère aurait été qualifié de « frère » par Nicolas Sarkozy. Bernard Arnault était témoin au mariage entre Sarkozy et Bruni. Martin Bouygues est parrain d’un des fils de Sarkozy. Pierre Bergé est connu pour sa proximité avec François Hollande. Serge Dassault, 90, sénateur actuellement, a également un fils député à l’Assemblée Nationale. Selon l’article, François Pinault aurait des liens des deux cotés politiques, notamment avec le président actuel. Le fils François-Henri Pinault, pour sa part, aurait des liens tissés avec Arnaud Montebourg. Et cetera. Les liens sont de toute évidence étroits entre l’industrie, les médias et … la politique. Certains hommes tentent plus que d’autres d’intervenir dans la ligne éditoriale de leurs journaux. D’autres préfèrent utiliser les médias pour interférer dans la politique. En tout état de cause, les lignes de liberté paraissent bien floues.

LA TRANSPARENCE OBSCURE

Assurer la bonne indépendance de la presse reste un élément critique dans la démocratie. Si la presse n’est pas pressée de parler de ce manque de liberté chez nous, on aura des vrais soucis à se faire. Fort heureusement, il existe encore des titres indépendants, tels Mediapart, Le Canard Enchaîné, Marianne et encore Charlie Hebdo… Mais, la circulation de ceci est assez restreinte. Si la liberté de presse est remise en cause et que la presse n’est pas capable de critiquer librement, le danger de statisme et corruption profonde s’étale. Si la Grèce est le paroxysme du pire dans un état « moderne et démocratique, » le cas de la Pologne est un mise en garde pour nous autre.

Vos commentaires et réactions s’il vous plaît !

La Banque De Demain – Reflet D’un Monde En Train De Naître

Ma boussole bancaire

BANQUE DE DEMAINLe secteur de la banque – dans toutes ses formes – souffre de deux problèmes majeurs qui sont liés : il a perdu le « Nord » (sa mission et son cap stratégique) et la confiance de la plupart des clients et même des employés. Pour retrouver son Nord et ainsi remettre du sens, la banque de demain devra être entièrement centrée sur son client. L’innovation ne sera pas que dans les produits, mais dans la qualité du service et, en particulier, la personnalisation. En pensant aux usages et aux besoins réels du client, la banque de demain innovera notamment avec des services digitalisés et mobiles avec des applications bien pensées pour rendre la vie du client plus facile. Par exemple : un blog quotidien et une newsletter hebdomadaire avec les bons conseils, trucs et astuces et, selon le cas, une touche d’humour. L’expérience dans un lieu physique doit se transformer pour en faire un moment privilégié et personnalisé, commençant par une reconnaissance dès l’arrivée. Le service à la clientèle sera un facteur déterminant avec, au minimum, l’opportunité d’effectuer un appel ou chat 24/7. Enfin, les frais seront simples, clairs et transparents. Avec un Nord rétabli, il faudrait retrouver de l’émotion dans la relation avec la banque, malgré les régulations. A défaut, des acteurs plus proches des usages et envies des consommateurs vont créer des services bancaires plus simples, agréables et efficaces. Il n’est pas sans risque que la banque d’exception de demain pourrait s’appeler Apple iPay, Bankazon, Facebank ou Bitpay.

banque de demainCet article a été publié dans l’ouvrage La banque, reflet d’un monde en train de naître, paru le 9 octobre 2015, édité par Athling et compilé par Pierre Blanc, associé fondateur. Dans ce livre, il y avait des contributions de 120 personnes non banquiers, dont des amis: Hervé Kabla, Gilles Babinet, Yann Gourvennec et Alban Jarry.

La disruption sera plus grande en France que dans d’autres pays, @martelf

J’ai entendu la phrase suivante dans une intervention par Frédéric Martel, journaliste (NPR, France Culture) et auteur (Smart, Enquête sur les internets aux éditions Stock, avril 2014), à l’occasion de fêter les 20 ans de Yahoo:

Chaque fois que je reviens de mes voyages à l’étranger et j’atterris à Charles-de-Gaulle, je m’aperçois que la disruption sera plus grande en France que dans d’autres pays »

 

Les principes et valeurs du pays – une disruption profonde

france-numeriqueFrédéric Martel a ensuite énuméré combien et comment la France a, dans son ADN, des principes qui rend l’impact de la revolution numérique (et donc la charge de travail) plus conséquent. La France est un pays qui valorise :

  • la centralisation versus la decentralisation de l’Internet
  • la hiérarchie versus le monde plat
  • le secret (cf Le Grillon – Pour vivre heureux, vivons caché) versus l’ouverture et la transparence
  • l’attachement au gouvernement et aux grands groupes versus l’entrepreneuriat
  • la représentation (l’image et la perfection) versus l’activité
  • John Meynard Keynes (intervention de l’état et la re-distribution) versus Joseph Schumpeter (la destruction créatrice)

Dans cette liste, bien entendu la France n’a pas le monopole de ces principes. Mais il s’agit de la combinaison qui le rend difficile face aux défis de l’Internet et du numérique.

Real Time – la relation avec le temps

Comme le temps de la présentation était court et que Frederic a écrit tout un livre sur le sujet, j’imagine qu’il y a plein d’autres aspects à noter, par exemple sur l’importance du présentéisme — totalement antinomique avec l’Internet. Mais pour ma part, il y manque un autre point radicalement clé, qui est sine qua non fondamental dans cette ère numérique: la relation avec le temps.

on-time-clock-late

on time clock

Sans parler du slow time, les pays de culture latine (pour ne pas parler de l’Afrique) ont une relation avec le temps qui est particulièrement différent par rapport aux Anglo-Saxons. L’Internet, à la base un outil de communication, permet une rapidité d’échange et une gestion en temps réel des affaires. Dans un monde où nous devons arriver à l’heure aux rendez-vous de vidéo- et télé-conférence, on ne peut plus accepter le « quart d’heure parisien » de retard ou le débordement trop habituel des agendas. En plus, les attentes et l’impatience des consommateurs s’accentuent et s’accélèrent, exigeant des réponses en ligne très rapide (considéré de plus en plus un pilier du concept de service dans le service à la clientèle). On ne peut plus attendre la validation hiérarchique et la quête de perfection, soulignant l’image soignée et voulue, inscrite dans la culture française.

Une question de culture

Sous entendu dans les propos de Frederic Martel, le digital (ou le numérique) est, avant tout, une question de culture et d’état d’esprit. Ainsi, les problèmes de culture avec des valeurs profondes (telles qu’il a cité) non adaptées, peuvent se retrouver dans une culture d’entreprise également. Pour être totalement clair, ces problèmes de hierarchies, silos, retard et centralisation ne sont pas limités aux sociétés françaises, mais sont apparents dans des entreprises le monde entier. Si des principes similaires sont en pratique chez une entreprise, il est certain qu’il faut prendre des mesures. Au moins, il faut commencer par reconnaître la dichotomie. C’est en ceci que réside la vraie rupture digitale.

Solutions nécessaires

Au lieu simplement de se plaindre (ce sport national en France), il s’agit d’apporter des solutions. Voici, donc, les cinq actions que je recommanderais aux patrons d’amener dans l’entreprise:

  1. revoir les critères de recrutement et d’évaluation pour encourager des valeurs et le comportement voulu
  2. revoir l’organisation de l’entreprise pour enlever les couches hiérarchiques en se focalisant sur la clarté des objectifs des employés et des équipes
  3. instaurer un système de communication en interne qui permet une communication ouverte et rapide (cf Yammer ou Chatter…) avec les patrons qui s’y mettent en premier
  4. quant à la gestion du temps, le leadership doit être modèle avec un management plus stricte sur la gestion des reunions, etc. Pour le coup, ça doit être top down.
  5. pour être credible: mieux vaut être et faire avant de le dire et l’écrire.

Si ces cinq actions ne sont pas ni facile ni rapide à implementer, il convient que le rôle de leadership est inéluctablement la clé. Pour autant qu’on est dans un pays qui respecte le pouvoir et les grandes institutions, le chef doit prendre le « lead. » C’est-à-dire, il/elle doit impérativement (voire impérieusement) incarner le changement voulu.

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Adobe Summit 2015 : Entre techno et « human API »

En avril, j’ai été invité de parler au Adobe Summit EMEA 2015 à Londres. Ma présentation de 20 minutes, intitulée, New Trends for 2015 (en anglais), est disponible ici. Cette présentation est basée sur le travail de l’Observatoire Netexplo, avec lequel je suis associé et pour lequel je m’occupe des partenaires medias internationaux.

A cette occasion, j’ai été interviewé par Marion Moreau de FrenchWeb (maintenant chez Sigfox), où j’ai parlé des tendances dans le contexte du Adobe Summit et, ce que mon ami, Brian Solis (Altimeter), appelle le human API. Les thématiques fortes de cette conférence étaient : le mobile, le contenu et la brand expérience. Dans cette émission sur FrenchWeb y figure également Pierre Casanova (DG d’Adobe France).

Ma partie commence à 5″31.


Adobe Summit: entre techno et Human API par frenchweb

Influence marketing et l’influence sur les marques en ligne – Que devrait-on en faire?

Influence marketing reste un domaine encore un peu flou pour beaucoup de dirigeants, mais ça continue à se développer. La semaine dernière Alban Jarry a publié, sur son blog, un tableau dans lequel figurait les top 10 influents pour 10 marques en France. Comme Alban précise, ces marques ont été « [s]électionnées à partir d’une liste publiée par LinkedIn en juin 2015, qui recense les 10 marques les plus influentes dans cet outil de communication professionnelle. » Ces marques comprennent: LVMH, L’Oreal, Orange, Renault, Axa, Total, Capgemini, Facebook, Twitter et bien sûr, Linkedin.

Chaque marque s’est vue dotée des top 10 influents utilisant l’outil Traackr. Il est à noter que ce classement change en temps réel et qu’il est issu de 3 éléments:

  • Reach mesure la taille de l’audience de l’influent.
  • Resonance mesure l’engagement de l’influent avec sa communauté en ligne.
  • Relevance mesure combien l’influent est pertinent sur le sujet. (Indice par lequel le tableau est ordonné).

Au total, parmi les 100 influents listés, il y a beaucoup de noms reconnus. Par ailleurs, il y a plusieurs personnes qui figurent deux fois, dont Eric Delcroix, Cyril Bladier, Aurelie Coudouel, Viviane Neiter et Alban, lui-même. Pour ma part, j’ai eu la chance d’être cité pour la marque LVMH (voir ci-dessous) — mais il convient de souligner que ces influents sont identifiés pour un moment donné et qu’il ne s’agit que de l’influence en ligne.

LVMH Influence

Parmi les 100 influents dans l’étude d’Alban, on peut aussi noter, avec ironie, que seulement une personne n’a pas de compte Twitter — et elle est la 2e plus influente sur Twitter! Apparement, son compte est actuellement suspendu.

Influence marketing – 6 actions à recommander

Si j’étais une marque, que ferais-je avec ces informations ? J’ai une liste de 6 actions à recommander:

  1. D’abord, vérifier si / comment l’influence est mesurée chez soi.
  2. Etudier (pour bien comprendre) les mécanismes de cet outil de mesure.
  3. Vérifier si les personnes citées sont listées chez (a) les RP, (b) la Community Manager et (c) le service à la clientèle.
  4. Est-ce qu’il y a des membres de son agence de Communication qui y figure et, si non, pourquoi pas ?
  5. Vérifier combien de ses propres employés sont susceptibles d’y figurer (pour les encourager) – ici j’ai reperé la présence de @CLandomiel pour Orange, par exemple.
  6. Vérifier la strategie du Groupe vis-à-vis influence marketing.

Le marketing de l’influence est un domaine en plein essor. Quoiqu’on en dise sur le concept de l’influence, je suis persuadé que les marques qui travaillent astucement avec les influents vont petit à petit prendre du terrain…

Vos réactions?

Par ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur Traackr, j’ai tourné un entretien podcast avec Nicolas Chabot, en charge de EMEA.