La Digitalisation de la Presse — En Quête de Solution

Télématin (France 2) a diffusé un reportage le 9 janvier 2016 sur l’état d’aLogo-Télématinvancement des journaux (officiellement « la presse écrite ») en 4 pays, et puis a fait un comparatif avec la France. « Comment les journaux résistent-ils face à Internet ? » Quels pays choisir, alors, pour évaluer le tournant digital des médias et la digitalisation de la presse ? Personnellement, j’aurais pris des pays tels que la Norvège (Schibsted) l`Allemagne, les États-Unis, la Corée du Sud ou encore l’Angleterre. Dans ces pays, le tournant digital est en plein fouet depuis un certain temps, et les médias ont dû prendre des grands virages face à une population digitalisée. Par curiosité, j’aurais peut-être voulu connaître l’état d’avancement en Chine et la Russie, là où il y a des enjeux de taille autour de la liberté de presse.

Mais, Télématin a choisi de regarder…. (roulement de tambour)…

La Grèce, l’Italie, l’Inde et le Canada

Lequel de ces pays est un titan du digital, reconnu mondialement pour ces avancées technologiques et/ou digitales ? Quand on parle de la presse, c’est vrai qu’il y a une histoire à raconter quelque soit le pays. C’est normal. Par les médias, on a un aperçu sur la culture … On peut « lire » beaucoup dans les médias, pas simplement de par ce qui est écrit, mais dans la liberté, le contrôle et par la passation de l’analogue au digital. Mais, aurait-il été l’objectif de la chaîne France 2 de mettre les médias en France en meilleure lumière par rapport à ces quatre exemples versus des pays plus en avance ?

L’ANALYSE DU DIGITAL – PROXY DE L’ANALYSE NORMALE?

C’est vrai qu’analyser comment la presse écrite se comporte permet une certaine lecture de comment le pays se comporte de façon générale vis-à-vis de la disruption digitale. En effet, les médias étaient au premier rang pour faire face à l’âge numérique. C’est au milieu des années 1990 que l’Internet a commencé à perturber l’industrie des médias (journaux, livres, musique…). Depuis 20 ans, la presse écrite vit une crise sans répit. Il y a beaucoup d’exemples de fermetures. Il y a même un site dédié à ce sujet: Newspaper Death Watch ou encore une rubrique sur The Guardian.

La presse écrite à l’air [sic] du digital ?

Le reportage de Télématin a cherché à comprendre comment la presse écrite « survit » dans l’ère digitale. Mais, sur les 4 pays choisis dans le reportage de Télématin, seulement le Canada peut être considéré un pays « moderne » en matière du digital. Pour le reste, on est sur des modèles chroniquement anciens.

La question fondamentale sous jacente est la liberté de la presse face à l’équation économique, le contrôle des récits et de l’opinion publique. En Grèce, comme j’ai identifié dans un billet précédant intitulé, « La Liberté de Presse, Comment Bien Se Défendre, » le problème n’est pas la digitalisation de la presse, mais la liberté de celle-ci avec un patronat de barons sans scrupule. Pour l’Italie, je note que le nom de Berlusconi n’a même pas été soupiré pendant le reportage. Pour l’Inde, ils n’ont pas cité IndiaTimes.in, la version digitale du Times of India qui est le journal anglophone avec la plus grande circulation quotidienne au monde. A noter que IndiaTimes.in est actuellement le 106è site sur les palmarès mondiaux (selon Alexa) en matière de trafic. Bref, hormis l’histoire de La Presse au Québec* qui est passé totalement au digital pour les éditions quotidiennes dans la semaine, le reportage s’est concentré sur comment le papier se maintient. Autrement dit : comment on peut résister au changement et rester dans le 20e siècle !

La liberté digitale ?

Le tournant digital de la presse est indubitablement lié à l’aspect transfrontalier et poreux de l’Internet. Les barons et gouvernements dans les pays qui jouissent d’une liberté sur le Net (en vert en dessous, carte par FreedomHouse) ont plus de mal a priori à contrôler les messages – quand bien même ces médias leur appartiennent. Heureusement, nous avons une certaine transparence. En tout cas, les citoyens ont la liberté de lire et écrire ce qu’ils veulent. Cependant la liberté ne résout en rien la difficulté des médias à survivre, économiquement parlant. Non sans ironie, on pourrait penser que la digitalisation de la presse met en péril la liberté de la presse.

digitalisation de la presse

Les modèles de business ne cessent de migrer. Les choix sont généralement entre la solution totalement payante (Mediapart, Wall Street Journal), payant avec des accès gratuits (ex New york Times), la gratuité entière en ligne (The Guardian…) ou la gratuité en ligne et en papier (ex Direct Matin, 20 Minutes…). Mais la réalité est que le papier est toujours la source primordiale des revenus. Encore aujourd’hui, 93% des revenus des journaux proviennent du print. Les revenus de la publicité digitale grimpent, +8.5% en 2014 et +60% depuis cinq ans…. Mais c’est toujours très faible. (Source Guardian)

la digitalisation deS medias… a venir: la television

Si la presse écrite était au premier rang pour confronter la numérisation des contenus et une diffusion/distribution par l’Internet, la télévision est au deuxième rang. Le contenu en vidéo s’apprête autant au numérique que l’écrit, avec le bémol de la bande passante. Si on veut voir comment la télévision va devoir prendre le tournant digital, mieux vaut NE PAS regarder les cas de l’Italie, la Grèce et l’Inde…. En revanche, il est certain que nul pays n’a la solution parfaite… A benchmarker plutôt (quand même) les pays « modernes » pour essayer de travailler ensemble sur une bonne solution qui permette cet équilibre compliqué de l’équation économique, l’audience … et l’indépendance éditoriale au moins pour les chaînes sérieuses.

*A noter que le journal de Seattle, Le Post-Intelligencer, a fait la même chose, mais plusieurs années avant, en 2009.

La Liberté De Presse – Comment Bien La Défendre ?

La Pologne est en train de vivre un moment délicat, s’agissant du décret signé par Liberte de presse Polognele Président Andrzej Duda, où l’état prend le contrôle des médias publics. Ici l’article paru dans Le Monde. Le contrôle — et qui est propriétaire — de la presse est un des plus grandes problématiques au niveau systémique des nations. Le cas de la Pologne est dérangeant au plus haut pour ce pays à haut potentiel. Cependant, le contrôle et la possession des médias est un problème de taille dans plein de pays. La Pologne, jusqu’alors relativement considérée « libre » (46e rang) selon World Freedom Press, se verra chuter radicalement en 2016.

Dans un reportage sur l’émission Télématin (France 2) ce samedi dernier sur l’état d’avancement de la presse écrite en 4 pays étrangers, ils ont traité le cas de la Grèce, pays à l’origine de la notion de la démocratie. Dans ce reportage sur la Grèce, on a témoigné que le nombre de journaux imprimés est pléthorique. Ils ont en effet 13 quotidiens sportifs nationaux, avec 2 à 3 journaux par équipe de football. Sur le plan de presse nationale, « il y a 19 quotidiens nationaux généralistes, 8 économiques, 1 satirique, 23 hebdomadaires et 44 journaux régionaux. » Le journalisme grec est largement politisé et contrôlé par des hommes de pouvoir. Les éditeurs du premier journal national, ProtoThema, déclarent recevoir fréquemment des menaces terribles. Les journaux servent avant tout les intérêts des grands barons (qui sont propriétaires d’entreprises, équipes sportives, entreprises de Liberte de presse Grecetravaux publics, etc.). Selon le reportage, signé Alexia Kefalas et H. Katsigiannis, la Grèce serait classée « 193e au rang des pays jouissant de la liberté de la presse. » Faux. Il n’y a même pas 193 pays dans le baromètre. Les reporteurs se sont trompées : la Grèce ne se place qu’au 91e sur 180 pays, utilisant le classement annuel par World Press Freedom. Cela n’empêche que la Grèce est très mal notée. A noter que la Grèce est tombée 56 places depuis 2009 et se situe en-dessous seulement la Bulgarie (106e) parmi les pays de l’UE.

Le lien entre les média et entrepreneur / industriel n’est point une infliction uniquement grecque. Sans parler de Rupert Murdoch ou James Packer, aux Etats-Unis, Jeff Bezos s’est emparé du Washington Post. Et encore, General Electric et Disney font parti de l’oligarchie des 6 propriétaires qui détiennent 90% des médias aux Etats-Unis.

LA LIBERTÉ LIÉE AUX ENTREPRISES ET LA POLITIQUE

Et pour la France ? Elle est notée au 35e rang, juste une place au-dessus des Etats-Unis. Il m’a toujours paru compliqué de comprendre le paysage des médias en France et quelle était la part d’indépendance vis-à-vis des entreprises et de la politique. Quelle est la véritable liberté d’expression ? Dans le tableau ci-dessous, j’ai compilé ce que je comprends par les plus grands joueurs, aidé par une bonne infographie du Nouvel Obs (et mon ami Olivier Cimelière). C’est un tableau qui bouge, vu les achats par les uns et les autres.

liberte de presse

En haut du tableau, il y a l’homme de pouvoir (les barons français, disons). En gris (2e ligne), on trouve les entreprises sous leur contrôle. Enfin, en 3e ligne, les médias principaux détenues. Le souci invisible de ce tableau — et bien difficile d’y voir clair — est le lien entre ces hommes et les hommes et femmes en politique. Selon cet article sur Agoravox (2010), Arnaud Lagardère aurait été qualifié de « frère » par Nicolas Sarkozy. Bernard Arnault était témoin au mariage entre Sarkozy et Bruni. Martin Bouygues est parrain d’un des fils de Sarkozy. Pierre Bergé est connu pour sa proximité avec François Hollande. Serge Dassault, 90, sénateur actuellement, a également un fils député à l’Assemblée Nationale. Selon l’article, François Pinault aurait des liens des deux cotés politiques, notamment avec le président actuel. Le fils François-Henri Pinault, pour sa part, aurait des liens tissés avec Arnaud Montebourg. Et cetera. Les liens sont de toute évidence étroits entre l’industrie, les médias et … la politique. Certains hommes tentent plus que d’autres d’intervenir dans la ligne éditoriale de leurs journaux. D’autres préfèrent utiliser les médias pour interférer dans la politique. En tout état de cause, les lignes de liberté paraissent bien floues.

LA TRANSPARENCE OBSCURE

Assurer la bonne indépendance de la presse reste un élément critique dans la démocratie. Si la presse n’est pas pressée de parler de ce manque de liberté chez nous, on aura des vrais soucis à se faire. Fort heureusement, il existe encore des titres indépendants, tels Mediapart, Le Canard Enchaîné, Marianne et encore Charlie Hebdo… Mais, la circulation de ceci est assez restreinte. Si la liberté de presse est remise en cause et que la presse n’est pas capable de critiquer librement, le danger de statisme et corruption profonde s’étale. Si la Grèce est le paroxysme du pire dans un état « moderne et démocratique, » le cas de la Pologne est un mise en garde pour nous autre.

Vos commentaires et réactions s’il vous plaît !

La Banque De Demain – Reflet D’un Monde En Train De Naître

Ma boussole bancaire

BANQUE DE DEMAINLe secteur de la banque – dans toutes ses formes – souffre de deux problèmes majeurs qui sont liés : il a perdu le « Nord » (sa mission et son cap stratégique) et la confiance de la plupart des clients et même des employés. Pour retrouver son Nord et ainsi remettre du sens, la banque de demain devra être entièrement centrée sur son client. L’innovation ne sera pas que dans les produits, mais dans la qualité du service et, en particulier, la personnalisation. En pensant aux usages et aux besoins réels du client, la banque de demain innovera notamment avec des services digitalisés et mobiles avec des applications bien pensées pour rendre la vie du client plus facile. Par exemple : un blog quotidien et une newsletter hebdomadaire avec les bons conseils, trucs et astuces et, selon le cas, une touche d’humour. L’expérience dans un lieu physique doit se transformer pour en faire un moment privilégié et personnalisé, commençant par une reconnaissance dès l’arrivée. Le service à la clientèle sera un facteur déterminant avec, au minimum, l’opportunité d’effectuer un appel ou chat 24/7. Enfin, les frais seront simples, clairs et transparents. Avec un Nord rétabli, il faudrait retrouver de l’émotion dans la relation avec la banque, malgré les régulations. A défaut, des acteurs plus proches des usages et envies des consommateurs vont créer des services bancaires plus simples, agréables et efficaces. Il n’est pas sans risque que la banque d’exception de demain pourrait s’appeler Apple iPay, Bankazon, Facebank ou Bitpay.

banque de demainCet article a été publié dans l’ouvrage La banque, reflet d’un monde en train de naître, paru le 9 octobre 2015, édité par Athling et compilé par Pierre Blanc, associé fondateur. Dans ce livre, il y avait des contributions de 120 personnes non banquiers, dont des amis: Hervé Kabla, Gilles Babinet, Yann Gourvennec et Alban Jarry.

Influence marketing et l’influence sur les marques en ligne – Que devrait-on en faire?

Influence marketing reste un domaine encore un peu flou pour beaucoup de dirigeants, mais ça continue à se développer. La semaine dernière Alban Jarry a publié, sur son blog, un tableau dans lequel figurait les top 10 influents pour 10 marques en France. Comme Alban précise, ces marques ont été « [s]électionnées à partir d’une liste publiée par LinkedIn en juin 2015, qui recense les 10 marques les plus influentes dans cet outil de communication professionnelle. » Ces marques comprennent: LVMH, L’Oreal, Orange, Renault, Axa, Total, Capgemini, Facebook, Twitter et bien sûr, Linkedin.

Chaque marque s’est vue dotée des top 10 influents utilisant l’outil Traackr. Il est à noter que ce classement change en temps réel et qu’il est issu de 3 éléments:

  • Reach mesure la taille de l’audience de l’influent.
  • Resonance mesure l’engagement de l’influent avec sa communauté en ligne.
  • Relevance mesure combien l’influent est pertinent sur le sujet. (Indice par lequel le tableau est ordonné).

Au total, parmi les 100 influents listés, il y a beaucoup de noms reconnus. Par ailleurs, il y a plusieurs personnes qui figurent deux fois, dont Eric Delcroix, Cyril Bladier, Aurelie Coudouel, Viviane Neiter et Alban, lui-même. Pour ma part, j’ai eu la chance d’être cité pour la marque LVMH (voir ci-dessous) — mais il convient de souligner que ces influents sont identifiés pour un moment donné et qu’il ne s’agit que de l’influence en ligne.

LVMH Influence

Parmi les 100 influents dans l’étude d’Alban, on peut aussi noter, avec ironie, que seulement une personne n’a pas de compte Twitter — et elle est la 2e plus influente sur Twitter! Apparement, son compte est actuellement suspendu.

Influence marketing – 6 actions à recommander

Si j’étais une marque, que ferais-je avec ces informations ? J’ai une liste de 6 actions à recommander:

  1. D’abord, vérifier si / comment l’influence est mesurée chez soi.
  2. Etudier (pour bien comprendre) les mécanismes de cet outil de mesure.
  3. Vérifier si les personnes citées sont listées chez (a) les RP, (b) la Community Manager et (c) le service à la clientèle.
  4. Est-ce qu’il y a des membres de son agence de Communication qui y figure et, si non, pourquoi pas ?
  5. Vérifier combien de ses propres employés sont susceptibles d’y figurer (pour les encourager) – ici j’ai reperé la présence de @CLandomiel pour Orange, par exemple.
  6. Vérifier la strategie du Groupe vis-à-vis influence marketing.

Le marketing de l’influence est un domaine en plein essor. Quoiqu’on en dise sur le concept de l’influence, je suis persuadé que les marques qui travaillent astucement avec les influents vont petit à petit prendre du terrain…

Vos réactions?

Par ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur Traackr, j’ai tourné un entretien podcast avec Nicolas Chabot, en charge de EMEA.

Comment un dirigeant peut devenir un « Exécutif Digital » ?

Ceci est basé sur un discours livré aux Anciens (ou Alumni) de L’Oreal, lors d’un petit déjeuner à Paris récemment. Il s’agit de ma vision de la digitalisation des dirigeants : pourquoi et comment un dirigeant peut devenir un exécutif digital.

Ces jours-ci, beaucoup de dirigeants s’accordent tous à dire :

il faut aller vite vers le digital… que le digital est très stratégique. »

executif digital - myndset

« Ecoutez-moi les gars, c’est stratégique ! « 

Les Excuses

Mais quand il s’agit eux-mêmes de se mettre au digital (blogger, tweeter…), ils se contentent d’une liste d’excuses telles que :

  • executif digitalJe n’ai pas le temps !
  • Moi, je m’occupe de la stratégie. J’ai déjà plein de travail et je rentre déjà tous les soirs à 21H30.
  • C’est juste un truc pour les jeunes.
  • Le digital ne peut remplacer le face-à-face.
  • Je ne veux pas mettre mon entreprise en péril si je fais une bêtise en allant sur le digital

Pour moi, le postulat de départ qui est non négociable, c’est que le digital est le job de tout le monde. Pas simplement du marketing et la communication.

ETRE PRO

Sur le plan professionnel, il me semble que, dans un avenir pas trop lointain, on considéra que ne pas être présent sur les réseaux sera aussi impensable que de ne pas utiliser le email. Utiliser les réseaux sociaux et s’imprégner des usages est indispensable pour bien comprendre le point de vue du consommateur. D’abord, pour un patron, être sur les réseaux permet d’être à l’écoute (sans passer le filtre des équipes en interne). Par ailleurs, il faut y être pour prendre de meilleures décisions sur le plan publicitaire. Il serait difficile de saisir l’impact d’une publicité à la télé, sans avoir l’expérience d’être un « consommateur » en face d’une télévision. Pour le digital, c’est semblable, à la différence près, que le digital (web, social, mobile…) n’est qu’à ses débuts et est en train de changer constamment. Alors, il faut rester au courant des adaptations.

Le fun

En plus de l’obligation professionnelle, il y a une raison personnelle que je qualifierais de ‘fondamental.’ Oui, c’est un autre moyen de retrouver et rester en contact avec ses amis de longues dates. Oui, c’est un outil qui permet de voir avec aise les photos de sa famille qui habite ailleurs. Mais, c’est le fait qu’on se met dans une posture d’apprenti qui est le plus titillant. Aller sur les réseaux, expérimenter les nouveaux usages, voir les nouveaux interfaces et, surtout, approfondir ses connaissances et son réseau autour d’un intérêt ou passion personnelle, ça c’est rester curieux et jeune.

L’exécutif digital

Ainsi, voici 5 bonnes raisons pour convaincre un dirigeant d’être présent sur le digital :

  1. D’abord, le digital ne se délègue pas. Idéalement, un Comex devrait viser d’avoir tous ses membres sur (#1) Linkedin et (#2) Twitter. Etre sur les réseaux ne peut être le « rôle » que du Chief Digital Officer. A tenir en compte : si le dirigeant n’y est pas, quel message passe-t-il à ses collaborateurs et aux futurs recrues ?
  2. Centré sur le client – Le digital oblige d’avoir le client au centre du business car le consommateur a désormais la parole. Les entreprises qui sont trop centrés sur leur produit et qui fonctionnent encore en silo (y inclus les silos de canaux de distribution), risquent grièvement de perdre le contact et résonance avec leur clients.
  3. Listening Ecoute Executif DigitalL’écoute. Aller sur le terrain reste une activité indispensable pour les dirigeants – quelque chose que j’ai apprise chez L’Oreal. En revanche, il faut visiter le vrai terrain, non pas un terrain assaini, nettoyé. Sinon, utiliser un outil comme Twitter permet d’écouter et même discuter avec le client en direct.
  4. Engager vos employés. Une marque et un leadership qui résonne avec ses employés a un avantage compétitif considérable. Les réseaux en interne (dit « intranet ») permet de favoriser la communication rapide et ouverte et la collaboration. Pour engager les employés et montrer l’exemple, il est indispensable pour les dirigeants de participer activement eux-mêmes dans les réseaux en interne.
  5. C’est pour le fun ! Puis que la vie est courte, pourquoi pas ne pas s’amuser même au travail ? Le digital est un engagement à la fois professionnel et personnel et l’apprentissage ne doit pas s’arrêter avec son titre prestigieux. D’ailleurs, avoir du plaisir apportera de l’énergie tous les matins.

En résumé aller sur le digital c’est :

  • Pour la partie professionnelle : pour développer la stratégie de l’entreprise.
  • Pour l’aspect personnel : pour rester plus jeune !

En tous cas, il y a 3 principes de base à tenir en compte quand on se met au digital en tant qu’exécutif digital :

  • C’est un engagement sur le long-terme : il s’agit d’être cohérent et consistant.
  • Etre authentique, être soi-même !
  • Donner du sens à votre présence.

*Dans la continuité de mon soutien de l’initiative de Tweetbosses!

Free wifi à bord? Les attentes du consommateur et le voyage consommateur

Eurostar, dans lequel je voyage fréquemment, m’a envoyé un email qui promettait un service « conçu pour moi » ! Des bonnes nouvelles, je me disais. Le voyage consommateur va s’améliorer ?

Eurostar free wifi - myndset digital strategyEn lisant rapidement la suite, je vois avec beaucoup de joie: le wifi gratuit.

Eurostar free wifi - myndset digital strategy

Comme je voyage régulièrement sur l’Eurostar, je me demandais comment ça se faisait que je n’avais pas repéré cette belle nouvelle à la gare récemment. Ainsi, je lis un peu plus attentivement l’annonce: il s’agit en fait d’un réaménagement avec une nouvelles flotte de rames en 2015. Non seulement, le wifi ne sera pas dans le train lors de mon prochain voyage, mais la nouvelle flotte ne sera opérationnel que « fin 2015. » Autant dire que ça pourrait venir début 2016 et nous n’en saurons pas plus.

Les attentes du consommateur

Le défaut de cette annonce est de penser que cela parait une bonne nouvelle pour le consommateur. Pour l’Eurostar et son équipe d’ingénieurs, avec son planning industriel, il est tout à fait possible que ce timing (fin 2015) semble comme demain. En revanche, pour le voyageur — le consommateur — c’est plus un rappel que le wifi n’est toujours pas disponible. Pour un consommateur qui voyage entre Londres et Paris pour le business, être connecté n’est plus une option. Et, nous savons pertinement que c’est possible techniquement. Le wifi est depuis longtemps disponible sur les trains de Thalès (le Groupe Thalès gère l’Eurostar aussi), sur le Shinkansen (le train au Japon qui roule à 320 kmh), le ICE (équivalent au TGV) en Allemagne, sur Amtrak, la ligne ferroviaire du côte Est aux Etats-Unis, pour ne pas oublier dans presque tous les les bus en Suède et en Californie (pour citer quelques exemples). Ainsi, on doit comprendre que techniquement, c’est possible.

Le voyage consommateur

Quand le management se met ensemble à réfléchir au « voyage consommateur, » il faut commencer par se mettre véritablement à la place du consommateur, dans son contexte, avec ses préoccupations et ses outils. Autrement, on n’arrive pas à se décider et se mobiliser pour faire les efforts nécessaires (y inclus le timing) pour vraiment satisfaire son client. Ainsi, on propose un wifi qui apparaitrait, dans les meilleurs de cas, en 12 mois. Et l’expression anglaise, « Time is Money, » prend toute sa valeur.

 

 

 

Twitter pour les Entreprises [infographie erronnée] – Dynamique ou Dynamite Entrepreneuriale?

L’infographie est un outil remarquable pour présenter des informations de façon ludique et créative. On en voit de toutes les couleurs ces jours-ci, vraiment….

Infographiquement parlant

Parmi les déboires, nous pouvons tomber sur des infographies avec des faits plus au moins justes, sans source, voire sans sens et complètement faux.  Ceci est d’autant plus alarmant quand l’infographie apparait dans un magazine de renom, et est produite par des journalistes professionnels.

Twitter pour les Entreprises

Dans le magazine Dynamique Entrepreneuriale (No. 42, Sept 2013), ils ont une double page dédiée à Twitter pour les Entreprises, un sujet qui me tient à coeur.

Dynamique Entrepreneuriale, Twitter pour les Entreprises, The Myndset digital marketing

Désolé pour la qualité de la photo — effet voyage !

La seule source (asterisk!) citée par Dynamique Entrepeneuriale est BuddyWeb*.  En recherchant, je trouve que cette agence est en effet l’auteur de leur propre infographie.    Une première erreur pour le magazine est de ne pas citer la date de ces informations, car l’infographie initiale a été publiée par BuddyWeb en mars 2013.  Cette édition de Dynamique Entrepreneuriale est apparue en septembre, donc six mois plus tard, autant dire dans le monde de l’internet, presque un demi-siècle, n’est ce pas ?  Sur aucune donnée apparait une référence ou source.  Pour beaucoup des chiffres, nous ne comprenons pas s’ils concernent la France ou le monde — si ce n’est par déduction.  Pour la répartition des âges (caisse en bas à gauche), ils font abstraction du dernier 3.5% pourcent « autres. »  Par ailleurs, en terme de pédagogie, ne peut-on pas qualifier quelques terminologies ?  Par exemple, c’est quoi un compte actif ?**  Je note que les derniers chiffres les plus récents que j’ai pus trouver, gràce à BusinessInsider, voisinent plutôt autour des 200 millions de comptes Twitter actifs.

La bataille des sexes

L’erreur la plus flagrante est ci-dessous:

Dynamique Entrepreneuriale, Twitter pour les Entreprises, The Myndset digital marketing

Et les 20% manquants?

Je suis peiné par cette infographie d’autant plus que je pense que Twitter est un outil formidable pour les entreprises et les dirigeants.  Mais, pour arriver à convaincre le management sur le serieux et l’intérêt de Twitter, il faut utiliser des chiffres qui parlent et qui sont credibles.

*Je suis désolé de cibler cette jeune agence, car je voudrais promouvoir les start-ups. Dans cet article, je porte mon attention et critique davantage sur le magazine.
** Un compte actif est un utilisateur qui utilise Twitter au moins une fois par mois.

Génération A pour Apprenante au Hub Forum 2012 – Guest post par @Yendial

La Generation Y en revue*

L’expérience digitale offre une vaste zone d’exploration et accès à des connaissances, qui changent la notion d’expertise. Aujourd’hui, en tant que consommateurs, patients et citoyens, nous pouvons vérifier plus facilement les informations. Le savoir est plus à disposition. Les experts sont ainsi challengés.

Les principes de la vie digitale

C’est une des problématiques clés des entreprises (et de la société) aujourd’hui face à des consommateurs et des « jeunes » qui veulent une communication et une action en accord avec les principes de leur vie digitale : plus transparente, moins arrogante, moins dogmatique, plus dynamique (voire en temps réel).

Soif d’apprendre

Malgré une pléthore d’information à portée de main, la jeune génération est très sensible au sujet de la formation, l’apprentissage.  Les enjeux clés pour les entreprises consistent, entre autres choses, de trouver, recruter, et retenir le talent et cela peut passer en grande partie en offrant un environnement apprenant.  Pour l’entreprise, d’ailleurs, l’intérêt est double car les anciens doivent pouvoir transmettre leur savoir (histoire, historiques et connaissances) aux jeunes entrants.  En deux, les entreprises doivent rester à l’affut des bonnes informations pour rester åa jour avec les nouveautés qui changent tous les jours.  Ainsi, non seulement les jeunes, mais toute l’entreprise doit passer dans un état d’esprit d’apprenant.  Le digital offre des moyens formidables, à partir du moment que l’attitude (de partage et de collaboration) y est.

Arrêter les belles paroles, passer à l’acte digital

Yves Grandmontagne de Microsoft, lors du Hub Forum 2012, a donné quelques exemples illustrant comment répondre à cette attente. Microsoft qui était une société extrêmement conservatrice et hiérarchique est devenue plus « cool » en passant davantage à l’acte et au digital.

Un exemple à suivre!

*Cette série de posts par Yendi Dial est inspirée par la participation au Hub Forum 2012. Yendi travaille au Myndset Company

MDF62: Florian Duval, PDG de La Boite à Slides pour les presentations pro

Bienvenue au Show Radio Minter Dialogue EMISSION # 62. Cette émission courte est avec Florian Duval, Directeur Général et fondateur de La Boites à Slides, une agence spécialisée dans la création de présentations, notamment sur Powerpoint. J’ai eu le plaisir de travailler avec Florian pendant le Forum Netexplo à l’UNESCO. Pour ceux qui cherchent à faire des présentations pro, je vous le conseille! Dans cet entretien, nous avons discuté de quelques clés pour réaliser une bonne présentation.

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L’éthique, les echecs et les erreurs du management – Les cas des « rogue » traders

Sauf si vous habitez dans une grotte, vous aurez entendu dire que JP Morgan a pris un coup (relativement mineur pour eux, dit-on) à son bilan ainsi qu’à sa réputation « équilibrée » dans une scandale de trading. Comme plusieurs articles l’ont souligné (je note en particulier celui du Daily Beast – en anglais), récemment il y a eu trois cas célèbres de « voyous », qui ont entraîné des pertes conséquentes à trois banques différentes ; et ces trois avaient en commun que les « rogue » (errants) traders été tous des ressortissants français.

Les 3 « rogues » protagonistes

JP Morgan logo

JP More or Less Gone?

Tout d’abord, il y avait le fameux Jérôme Kerviel, qui a généré une perte de 5 milliards d’euros à la Société Générale au début de 2008. Puis, en 2010, il y avait « Fabuleux » Fabrice Tourre, dont l’employeur, Goldman Sachs, a dû payer un demi-milliard de dollars en amendes liées à sa « naïveté » et la création de l’obligation Abacus. Et puis, il y a plus de deux semaines, nous avons eu le 3e mousquetaire, Bruno Iksil, impliqué dans une perte de 3 milliards de dollars à JP Morgan Chase. Connu sous le nom « La Baleine », il semble avoir été échoué.

La suite et la poursuite — qui prend le blâme?

Pour Kerviel, il a été condamné à cinq ans de prison et à payer € 4,9 milliards (6,7 milliards de dollars) en restitution à la banque. Bonne chance à les obtenir, ces sous-là.

target arrow bulls eye, The Myndset Digital marketing leadershipSelon Wikipedia, le résultat du scandale Tourre était que « Goldman a accepté de verser 550 millions de dollars – 300 millions de dollars pour le gouvernement des États-Unis et 250 millions de dollars aux investisseurs – dans un règlement avec la SEC. La société a également accepté de modifier certaines de ses pratiques d’affaires concernant les placements hypothécaires, y compris la façon dont il conçoit du matériel marketing …. En revanche, Goldman n’a pas admis des actes répréhensibles. L’avenir de Tourre, de son côté, est encore inconnu.

Alors que l’avenir réservé à la baleine de Londres est loin d’être connu, il y a déjà eu une retombée importante parmi les cadres supérieurs de JP Morgan. Contrairement à la situation chez Société Générale, la direction de JP Morgan a clairement été tenue responsable.

La responsabilité

Je cite, alors mon cher frère qui dans une phrase succincte l’a résumé ainsi :

« La différence est que avec la banque française, c’est le pauvre petit commerçant qui prend le coup et pour la banque américaine, c’est le management qui prend ses responsabilités. » Je pense que l’affaire Goldman montre que tout n’est pas aussi noir et blanc (ni bleu, blanc et rouge). Mais, le fait est que la haute direction doit être, par définition, tenue responsable ; même si l’un de ses employés se sont rendus coupables.

Les profils partagés

L’intrigue de ces 3 scandales est la connexion française, liée à un système éducatif fort en France qui met l’accent sur les mathématiques et qui permet aux étudiants français d’inventer des solutions et produits aussi complexes que les dérivés.

Le deuxième thème en commun, comme dans le cas de la Tourre et Iksil, il y a une attraction évidente par ces jeunes hommes français aux jeux et au risque ; ils ont tous une grande tolérance au risque – une caractéristique pas forcément attribué aux Français. On pourrait aussi penser qu’ils ont un sens d’éthique partagé également.

Un troisième point est l’âge de ces hommes. Kerviel et Tourre avaient tous les deux exactement 31 ans au moment de l ‘ «infraction». Et, si vous consultez l’autre grand scandale récent de trading chez UBS (ne comportant pas sur un Français cette fois-ci), par Kweku Adoboli, un ghanéen basé à Londres, qui était attrapé pour une perte £ 1,3 milliard, lui aussi, avait 31 ans. Iksil a apparemment la trentaine.

Des Conclusions et questionnements

Quelques conclusions et questionnements (et je serai heureux d’entendre les vôtres !):

  • Je conçois que nous avons besoin de plus de mathématiques dans le curriculum scolaire anglais et américain.
  • Ne doit le management toujours être tenu responsable, en particulier lorsque des sommes énormes sont impliqués ?
  • Comment modérer cette notion d’invincibilité qui semble rayonner chez ces jeunes hommes, sans pour autant enlever le flair, la créativité et le sens d’entrepreneur ?
  • S’agit-il d’un manque d’éthique personnel, un manque de régulation ou tout simplement les règles du jeu du trading ?

Post scriptum: Bruno Iksil a su très bien maîtriser sa présence en ligne!  Aucune photographie de lui existe et on ne connaît toujours pas son âge.  « Pour vivre heureux, vivons cachés » ?  En tout cas, visiblement ce n’est pas parce qu’on n’a pas de présence en ligne qu’on ne sera pas trouvé !